ENTRETIEN. A l’issue de deux journées placées sous le signe du plan Action Cœur de Ville à Chambéry, le directeur de la Banque des Territoires, Antoine Saintoyant, revient sur les deux sujets brûlants de l’hiver : avec d'une part la nécessaire transformation des stations de ski, ainsi que le rapport sur le commerce de proximité.LA TRIBUNE - Vous vous êtes rendu cette semaine à Chambéry (Savoie), quelques semaines après avoir dévoilé le nouveau plan Montagne de la Banque des Territoires pour faire face au changement climatique. Avec, à la clé, 6 milliards d’euros d'ici à 2030 (dont 5,5 milliards de prêts) destinés aux collectivités qui souhaitent accompagner la transition de leurs stations de montagne…
ANTOINE SAINTOYANT - Avant d’aller à Chambéry, je suis allé à la rencontre des élus dans le massif de la Chartreuse (Isère), qui portent des projets ambitieux de transformation et d’évolution de leur station, avec le démontage annoncé de plusieurs télésièges. Le plan que nous avons annoncé en octobre dernier en faveur de la transition des territoires de montagne est justement là pour accompagner les stations de moyenne altitude qui se retrouvent face à des conditions de réduction d’enneigement à venir, dans la transformation de leur modèle et leur adaptation au changement climatique.
Quel sera le calendrier et les critères de la Banque des territoires pour la mise en route de ce plan ?
Nous avons annoncé l’objectif d’accompagner jusqu’à une vingtaine de stations : nous sommes dans une phase où nous allons donc évaluer, massif par massif, les besoins et les territoires nécessitent un accompagnement particulier. Nous accompagnerons notamment les études d’ingénierie qui permettent de réaliser ces transformations. Nous aurons aussi tout un volet dédié au logement, que ce soit sur les problématiques liées aux zones tendues, à la résilience des infrastructures confrontées au changement climatique ainsi qu’à la problématique de la gestion de l’eau et à la renaturation des milieux. Nous démarrons plutôt par le financement des études d'ingénierie, mais il est évident que si une collectivité a, dès 2026, des projets prêts à être financés, nous les étudierons.
Jusqu’ici, les précédents plans (nationaux et régionaux) comme Avenir Montagnes s’étaient toutefois heurtés à la complexité de remplacer « la locomotive » du ski par d’autres activités…