Lancement d’une « assurance post-rupture » : le coup marketing de Tinder et Nostrum Care

L'assurance est portée par Nostrum Care et Tinder n'est que « partenaire promotionnel » de l'initiative (photo d'illustration).
AS/DH - REUTERS - AKHTAR SOOMRO

L'assurance est portée par Nostrum Care et Tinder n'est que « partenaire promotionnel » de l'initiative (photo d'illustration).
AS/DH - REUTERS - AKHTAR SOOMRO
Après l’assurance auto, l’assurance habitation ou l’assurance scolaire, place à l’assurance… post-rupture. L’annonce, très sérieuse, a été faite ce mercredi par Tinder, célèbre application de rencontre téléchargée plus de 630 millions de fois dans le monde depuis son lancement en 2012, et Nostrum Care, mutuelle santé qui revendique 8 000 adhérents.
Son nom : « Break up, back up, glow up [rupture, soutien, renaissance], l’assurance bien-être pour les cœurs brisés ». Cette initiative est destinée à « accompagner les adultes après une rupture amoureuse, grâce à une couverture bien-être pensée comme un programme de reconstruction émotionnelle », peut-on lire dans un communiqué.
Concrètement, trois formules sont proposées, allant de 6,90 euros par mois pour les « petits chagrins » à 22,90 euros mensuels pour les « gros chagrins », avec une offre intermédiaire à 14,90 euros par mois (dite « moyen chagrin »). Chacune comprend le remboursement de séances de thérapie, un diagnostic nutritionnel, l’accès à des contenus numériques consacrés au bien-être… S’y ajoutent, selon les cas, des solutions de coaching individuel, la prise en charge de séances de sport ou encore le remboursement de compléments alimentaires.
Bien que Tinder et Nostrum Care utilisent le terme d’« assurance » pour qualifier leur initiative, ce n’en est pas une. Dans un contrat d’assurance, « l'assureur s'engage à verser à l'assuré une somme d'argent réparant le préjudice subi en cas de survenance d'un sinistre, en échange du paiement d'une somme versée, soit à l'origine, soit périodiquement », rappelle le ministère de l’Économie sur son site Internet.
Ce qui n’est pas le cas avec « Break up, back up, glow up ». En souscrivant à l’une des formules proposées, l’adhérent débloque des services, réductions et avantages. Sans d’ailleurs avoir à prouver la rupture, contrairement à un sinistre dans un contrat d’assurance en bonne et due forme.
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Dans sa communication, Nostrum Care joue la carte du coup marketing pour se faire connaître, elle qui revendique « placer le bien-être global au cœur de son modèle ». Elle s’appuie pour cela, d’une part, sur la force de frappe de Tinder, qui n’a pour rôle que celui de « partenaire promotionnel », comme précisé dans le communiqué. Et, d’autre part, de la période, à dix jours de la Saint-Valentin, point d’orgue du business de l’amour qui cherche de plus en plus à cibler aussi les célibataires en plus des couples.
Et il y a de quoi faire. Le nombre des séparations conjugales (divorces, ruptures de PACS ou d’union libres) s’affiche en hausse en France depuis les années 1970, selon la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees). 425 000 sont ainsi recensées en moyenne chaque année depuis 2010, contre une moyenne de 422 000 unions (mariages et pacs) entre 2014 et 2025.
Pour justifier le lancement de cette nouvelle offre, Nostrum Care évoque « le déclin de la santé mentale chez les jeunes ». Et s’appuie sur une étude de l’Ifop qui indique que plus d’un Français sur deux (53 %) déclare avoir connu un état de souffrance psychologique au cours des douze derniers mois. Sans précision cependant sur les causes.
Une étude a néanmoins montré en 1991 que les symptômes du chagrin d’amour ressemblent à une « vraie dépression clinique », relève France Inter dans un podcast sur le sujet sorti l’été dernier. Quatre personnes sur dix (40 %) vont ressentir cette dépression et, pour 12 %, elle sera même « grave », est-il précisé. Or, dans une telle situation, le psychiatre Christian Zaczyk, interrogé par le média, rappelle que la personne « a besoin de soutiens ». Qu’il est possible de trouver auprès de ses proches, mais pas toujours.
Si une aide extérieure peut être bienvenue, celle proposée par Nostrum Care n’est pas accessible à toutes les bourses, même à 6,90 euros par mois. Elle est toutefois plus accessible que d’autres initiatives, bien que très différentes, lancées dans le passé sur le marché du chagrin d’amour. L’application Mend, créée aux États-Unis et sortie en 2017, proposait un programme de 28 jours pour « réparer les cœurs brisés » grâce notamment à des messages audio de motivation quotidiens. Il y a aussi eu des « bootcamp », autrement dit des stages intensifs, organisés outre-Atlantique pour « aider à guérir d’une rupture amoureuse » pour la modique somme de 3 300 dollars (2 800 euros) les quatre jours.