Alexandre Bompard repart pour un tour à la tête de Carrefour
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Alexandre Bompard va piloter le nouveau plan stratégique "Carrefour 2030", dévoilé en février dernier.
REUTERS - Abdul Saboor
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Alexandre Bompard va piloter le nouveau plan stratégique "Carrefour 2030", dévoilé en février dernier.
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Alexandre Bompard prolonge l’aventure. Les actionnaires de Carrefour ont largement approuvé vendredi la reconduction de leur PDG pour un quatrième mandat de trois ans, confirmant la volonté du groupe de poursuivre la stratégie engagée depuis 2017. La résolution a été adoptée à 80,21 % des voix lors de l’assemblée générale annuelle organisée au siège du distributeur à Massy, dans l’Essonne.
Cette reconduction, annoncée dès l’été 2025 après un vote unanime du conseil d’administration, doit permettre à Alexandre Bompard de piloter le nouveau plan stratégique « Carrefour 2030 », dévoilé en février. Le dirigeant, qui aura alors passé plus d’une décennie à la tête du groupe, affirme conserver intacte sa motivation. « Cette aventure me passionne toujours » autant qu’au « premier jour », a-t-il déclaré devant les actionnaires, expliquant s’être interrogé sur sa « capacité à conserver cet esprit de combat et d’innovation » exigé des équipes.
Le patron du distributeur assure désormais regarder la prochaine étape avec un « regard à la fois neuf et lucide ». L’objectif affiché est ambitieux : porter Carrefour à 25 % de parts de marché en France d’ici 2030, en misant notamment sur les produits frais et l’intelligence artificielle. Le groupe, numéro deux de la distribution alimentaire derrière E.Leclerc, entend également accélérer son expansion internationale via la franchise.
« En 2030, nous serons le premier 'retailer' au monde pour son empreinte géographique, avec une présence dans 60 pays, et le premier 'retailer' en Afrique », a fait valoir Alexandre Bompard. Carrefour poursuit depuis plusieurs années un recentrage sur ses marchés jugés stratégiques — la France, l’Espagne et le Brésil — tout en développant sa présence à l’étranger avec des partenaires locaux.
Le groupe bénéficie désormais du soutien de Rodolphe Saadé et de sa famille, entrés au capital l’an dernier. Dans un message vidéo diffusé pendant l’assemblée générale, le patron de CMA CGM (propriétaire de La Tribune, ndlr) a salué une entreprise qui, « depuis plus de 60 ans, a su rester en avance sur les évolutions de son secteur ». Sa nomination comme administrateur a été approuvée à la quasi-unanimité.
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Après plusieurs années difficiles, Carrefour met aussi en avant le redressement de son cours de Bourse. L’action évoluait vendredi autour de 17 euros, loin du point bas proche de 11 euros atteint en 2025, son plus faible niveau depuis trois décennies.
Le contexte géopolitique reste toutefois surveillé de près. Alexandre Bompard s’est dit « vigilant » face à la guerre au Moyen-Orient, qualifiée de « crise aussi brutale qu’incertaine ». Mais, selon lui, les « conséquences sur notre structure de coûts restent à ce stade plus limitées » que lors du choc provoqué en 2022 par l’invasion russe de l’Ukraine.
Sur le front social et judiciaire, Carrefour a récemment remporté deux batailles importantes : l’une contre un collectif de franchisés, l’autre face à la CFDT au sujet de la location-gérance, modèle dans lequel le groupe conserve la propriété du fonds de commerce tout en confiant l’exploitation du magasin à un gérant indépendant. Le syndicat continue de dénoncer un « plan social déguisé », tandis que la direction présente ce dispositif comme un moyen d’éviter des fermetures de magasins déficitaires.
La question a notamment été soulevée pour les anciens hypermarchés Cora, rachetés en 2024, dont plusieurs doivent passer cette année en location-gérance. « Avons-nous un avenir chez Carrefour ? », a interrogé Flora Chompret, déléguée syndicale centrale CFDT de Cora. « Vous faites pleinement partie de l’aventure », lui a répondu Alexandre Bompard, en insistant sur la nécessité de « préserver l’emploi ».
L’assemblée générale s’est également déroulée dans un climat de sécurité renforcée, avec un filtrage autour du siège de Massy et une manifestation de militants pro-palestiniens dénonçant la présence du distributeur en Israël via un franchisé local.
Interrogé sur le rapport très critique publié jeudi par la commission d’enquête du Sénat sur les marges dans la grande distribution, Alexandre Bompard a dénoncé un texte « infamant » qui « n’aura pas, heureusement, d’impact ».
La rémunération du dirigeant, régulièrement contestée ces dernières années, a néanmoins été validée par les actionnaires. Pour 2025, elle atteindra 3,5 millions d’euros, auxquels pourront s’ajouter des actions de performance valorisées jusqu’à 5,6 millions d’euros. Alexandre Bompard détient déjà environ 1,5 million d’actions Carrefour.
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