La pêche française est-elle à un tournant ? Alors que le contrat de filière, signé en 2025 au Salon international de l’agriculture, puis la Conférence des Nations unies sur l’Océan à Nice, avaient donné aux professionnels l’espoir d’une reconnaissance de leur modèle, le secteur est aujourd'hui aux abois. En cause : la guerre au Moyen-Orient et les tensions sur les hydrocarbures.
La hausse des prix du gazole menace les pêcheurs de travailler à perte. « Le retour que nous avons des ports, c'est une augmentation très rapide, avec un carburant qui atteint à certains endroits 95 centimes, voire plus d'un euro [le litre] en Corse », a reconnu le 13 mars Catherine Chabaud, ministre de la Mer et de la Pêche, lors d’une réunion avec les représentants de la filière. « Cette augmentation fait que, souvent, le poste carburant avoisine 50 % du chiffre d'affaires », a-t-elle ajouté.
En insistant sur trois priorités (limitation des prix à la pompe, report des prêts bancaires et création d’un système assurantiel), le gouvernement veut rassurer les professionnels. À long terme, Catherine Chabaud a prévenu que la modernisation d’une flotte vieillissante pour « réduire le lien avec les énergies fossiles » sera inéluctable.
Fortement dépendante du gazole, la pêche française émet 1,1 million de tonnes de CO2 par an, selon l’ONG Bloom. Les bateaux de plus de 40 mètres, soit 1 % de la flotte, génèrent à eux seuls un tiers de ces émissions.