Les marchés de l’immobilier d’entreprise sont percutés par la crise. Face à une conjoncture économique incertaine, les entreprises retardent leurs décisions, reportant, annulant ou optimisant leurs projets.Alors que cette conjoncture économique dégradée, doublée d’une instabilité politique incertaine, continue d’affecter les marchés immobiliers en général, les observatoires de l’immobilier d’entreprises des deux métropoles occitanes, Montpellier et Toulouse, viennent d’organiser une rencontre entre leurs différents membres. Une première initiée par la présidente de l’observatoire toulousain, Emilie Moine, par ailleurs directrice de CBRE Toulouse. Objectif : non pas comparer, ce qui n’aurait pas vraiment de sens tant les deux marchés sont différents, mais mutualiser leur ressenti marché et échanger sur leurs pratiques.
Les deux observatoires collectent les données disponibles sur les bureaux, locaux d’activité, entrepôts et fonciers, et analysent ces marchés avec l’ambition d’éclairer les dynamiques du territoire et d’accompagner les décisions des acteurs économiques et publics. L’Observatoire montpelliérain de l’immobilier d’entreprise (OMIE*) sur un territoire de 87 communes autour de Montpellier, et l’Observatoire toulousain de l’immobilier d’entreprise (OTIE**) sur l’aire urbaine toulousaine, et même du sud de Montauban à Carcassonne pour les entrepôts logistiques.
« Nous parvenons à prendre le pouls de l’économie et des besoins des entreprises, et à capter les nouvelles tendances », souligne Elodie Moine.
« La chaîne est grippée »
Elle et son homologue montpelliéraine Christèle Marnas, directrice de Tourny Meyer Montpellier, s’accordent sur un constat évident : revendiquant un manque de visibilité, les entreprises, pour lesquelles « l’immobilier est le 2e pôle de dépenses après les salaires », rappelle Elodie Moine, décalent voire abandonnent leur projet de déménagement, ou pour les plus optimistes et les plus grandes, travaillent sur la rationalisation des espaces.
« Ce n’est pas qu’il n’y ait pas de projets, mais il y a un attentisme prudent des entreprises, et en face, une chute vertigineuse des mises en chantier, les promoteurs n’arrivant plus à mobiliser les concours bancaires à moins de 100 % de commercialisation, analyse Christèle Marnas. La chaîne est grippée. Et nous, les brokers de l’immobilier d’entreprise, sommes les fantassins de la première ligne : on prend les coups. Mais nous sommes aussi les indicateurs terrain les plus pertinents, et nous sommes un peu les phares dans la tempête ! »