Ventes atones et bras de fer sur la dette, la délicate équation de Daniel Kretinsky pour Casino
latribune.fr
Casino (Monoprix, Franprix, CDiscount...), dont les ventes ont été quasiment stables en 2025 à périmètre comparable, "poursuit son redressement", a assuré jeudi le distributeur contrôlé par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, en plein bras de fer...
Le groupe Casino affiche un chiffre d'affaires 2025 de 8,26 milliards d'euros, en progression de 0,5 % à périmètre comparable. Derrière ce timide redressement opérationnel, le propriétaire tchèque engage une épreuve de force avec ses créanciers pour restructurer 1,4 milliard d'euros de passif avant l'échéance de 2027.
Les informations à retenir
Quelles sont les performances financières de Casino en 2025 et l'état des négociations sur sa dette ?
Casino enregistre un chiffre d'affaires 2025 de 8,26 milliards d'euros, soit une hausse de 0,5 % à périmètre comparable malgré un recul brut de 2,5 %.
Daniel Kretinsky propose d'injecter 400 millions d'euros de fonds frais en échange d'un abandon de 500 millions d'euros de créances par les fonds anglo-saxons.
Le plan stratégique Horizon 2030 prévoit l'ouverture de 430 points de vente (Franprix, Naturalia, Proximité) pour stabiliser le modèle de franchise du groupe stéphanois.
Le groupe Casino lève un coin du voile sur sa santé financière. Dans un contexte de restructuration lourde, le distributeur stéphanois a maintenu ce jeudi la publication de son chiffre d’affaires pour l'exercice 2025. Le montant s'établit à 8,26 milliards d'euros. Si ce chiffre affiche un repli brut de 2,5 % sur un an, il révèle une croissance organique de 0,5 % à périmètre comparable. Cette performance intervient après une cure d'amaigrissement drastique marquée par la cession ou la fermeture de près de mille points de vente l'an dernier.
Philippe Palazzi, directeur général du groupe, défend une trajectoire de redressement malgré une consommation atone. La fin d'année a notamment pesé sur les comptes, les ménages ayant fait preuve de prudence sur les produits festifs. Monoprix, véritable moteur de l'enseigne, illustre cette fragilité avec un recul des ventes de 0,5 % au quatrième trimestre, bien que l'année complète reste positive (+0,6 %). De son côté, Franprix accuse une baisse de 0,4 % en 2025, conséquence directe de l’arrêt des ventes en ligne sur son site propre au profit de plateformes tierces comme Amazon et Deliveroo.
Un plan d'expansion axé sur la franchise et la proximité
Pour relancer la machine, la direction mise sur un maillage territorial dense. Le plan stratégique prévoit l'ouverture de 430 nouveaux magasins d'ici à 2030. Dans le détail, Casino cible 200 nouvelles unités pour Franprix, 20 pour Naturalia et 210 pour les enseignes de proximité (Vival, Spar). Ce déploiement repose sur un modèle d'exploitation léger : 85 % des 6 500 magasins actuels du groupe sont déjà gérés en franchise ou en location-gérance. Cette agilité opérationnelle est présentée comme le socle indispensable à la survie du distributeur.
Toutefois, ce déploiement reste suspendu à la résolution d'une équation financière complexe. Le groupe doit impérativement traiter une échéance de 1,4 milliard d'euros de dette arrivant à maturité en mars 2027. Daniel Kretinsky, via sa holding France Retail Holdings (FRH), tente de reprendre la main. Sa dernière proposition prévoit un apport de 400 millions d'euros de fonds propres. En contrepartie, le milliardaire tchèque exige que les créanciers abandonnent 500 millions d'euros de créances, afin de ramener la dette nette à 900 millions d'euros.
Bras de fer tendu entre Daniel Kretinsky et les créanciers
Cette offre de recapitalisation cristallise les tensions avec les fonds anglo-saxons. Ces derniers rejettent la nécessité d'un apport de cash frais par l'actionnaire majoritaire, y voyant une manœuvre pour renforcer son contrôle au capital (actuellement à 53 %). À l'inverse, l'homme d'affaires bénéficie d'un soutien relatif des banques françaises, rassurées par son profil d'investisseur institutionnel et ses ambitions croissantes dans le secteur, illustrées par son offensive sur Fnac Darty.
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L'enjeu est désormais de trouver un terrain d'entente avant la fin du deuxième trimestre 2026. Philippe Palazzi assure que les discussions avancent normalement. Cette sérénité affichée contraste avec le report de la publication des résultats annuels complets, décalée au 31 mars. En parallèle, Casino tente de clore le chapitre judiciaire de l'ère Naouri. Le groupe a officiellement renoncé à faire appel de sa condamnation pour corruption, acceptant une amende de 40 millions d'euros. Une étape jugée nécessaire pour normaliser les relations avec les marchés et les partenaires institutionnels.