Galeries Lafayette vend les murs du BHV à un investisseur anglo-saxon
latribune.fr
Le BHV le jour de l'ouverture dune boutique Shein avec une affiche géante vantant l'opération, à Paris le 5 novembre 2025. FRANCE-CHINA-DEPARTMENT-STORE-FAST-FASHION-BHV-SHEIN - HANS-LUCAS/
Laurent Caron / Hans Lucas via R - Laurent Caron / Hans Lucas - Laurent Caron
Des négociations exclusives sont engagées avec un acteur mystère pour lui céder la propriété foncière du grand magasin parisien. Mais son exploitation restera aux mains du groupe SGM, présidé par le controversé Frédéric Merlin et qui a donc échoué à réunir les fonds nécessaires pour s'en emparer.
La promesse de vente liant le groupe Galeries Lafayette et l'exploitant SGM pour lui céder le BHV Marais était arrivée hier à échéance. Tout le monde retenait donc son souffle ce week-end. Coup de théâtre, l'affaire trouve une issue inattendue avec un autre prétendant. Galeries Lafayette a en effet annoncé ce samedi 20 décembre, à la mi-journée, êtreentré « en négociations exclusives avec un acteur anglo-saxon », en vue de lui céder les murs du bâtiment BHV dès le mois de janvier. Le nom de cet investisseur « disposant d'une expertise reconnue dans la gestion d'actifs immobiliers », selon le communiqué, n'a pas été donné.
Cette vente se fait selon les conditions qui avaient été proposées au groupe SGM, est-il ajouté sans précision. « Cette acquisition serait réalisée par l'investisseur en accord avec le groupe SGM, qui continuera à assurer l'exploitation du BHV », ajoute le communiqué. « Nous sommes heureux de cette nouvelle étape franchie », a réagi auprès de l'AFP un porte-parole de SGM, «nous restons focalisés sur la finalisation de cette opération ».
L'affaire Shein a tout compliqué
Le groupe SGM, cofondé et présidé par Frédéric Merlin se trouve dans la tourmente depuis l'annonce de son alliance début octobre avec le géant du commerce en ligne Shein. Il était lié aux Galeries Lafayette par une promesse de vente arrivant à échéance vendredi. Mais le tour de table s'est avéré plus difficile que prévu, en particulier après que SGM a été lâché par la Banque des territoire, dans le sillage du scandale Shein.
Frédéric Merlin a suscité un tollé en annonçant début octobre l'installation, au sein du BHV, du premier magasin physique aux couleurs de la marque asiatique de mode ultra-éphémère, accusée de nombreux maux (concurrence déloyale, pollution...). La Banque des territoires, entité de la caisse des dépôts, avait par la suite annoncé son retrait des négociations entamées en juin avec la SGM pour l'aider à s'offrir le bâtiment, invoquant une rupture de confiance.
Refusant de voir son nom associé à Shein, Galeries Lafayette a par ailleurs rompu son contrat avec la SGM concernant sept magasins de province - rebaptisés BHV. Mardi, la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo a accentué la pression en manifestant l'intérêt de la capitale pour les murs du grand magasin, situé comme son nom l'indique (BHV pour Bazar de l'Hôtel de Ville) juste sous les fenêtres de l'Hôtel de ville.
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