L'agroalimentaire breton confronté à des départs en retraite massifs
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En Bretagne
MAHE/SAA/ - REUTERS - Stephane Mahe
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« Le départ d’un seul expert peut fragiliser l’ensemble d’un atelier ». Comme le formule le réseau de l’agroalimentaire breton (ABEA) dans sa nouvelle note de tendances 2026, le capital humain représente aussi un enjeu de compétitivité.
Si l’allongement des carrières est devenu une réalité, le vieillissement de plusieurs générations d’experts aux savoir-faire spécifiques et présents depuis 20, 30 ou 40 ans, va devenir un sujet critique pour les entreprises dans les années qui viennent.
Le secteur devrait ainsi voir 20 à 30 % de ses effectifs partir à la retraite en 2030, sur un total de 72 000 emplois. Or 60 % de ces postes sont concentrés sur le premier niveau de qualification, composé de profils particulièrement difficiles à attirer.
Cette perspective s’ajoute à une situation économique dégradée depuis 2024 : l’agroalimentaire breton est sous pression en raison d’une baisse de sa valeur ajoutée à 4,9 milliards d’euros, soit seulement 14,3% de son chiffre d’affaires global et en dessous de deux points par rapport au niveau national. Un constat paradoxal dans la première région agricole et agroalimentaire de France.
« Outre une baisse de valeur ajoutée, une érosion des taux de marge et une quasi-inexistence des budgets R&D, l’un des premiers leviers de compétitivité aujourd’hui, c’est le capital humain. Les entreprises vont devoir remplacer 20 à 30% de leurs effectifs, assurer le transfert des compétences alors même que la baisse de la population active bretonne est programmée » avertit Rémi Cristoforetti, président de l’ABEA.
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Également directeur général de la coopérative agricole Le Gouessant, il s’est exprimé vendredi 9 janvier lors de la présentation à la presse des enjeux pour la filière en 2026, alors que s’ouvrent des « négociations commerciales qui s'annoncent compliquées » avec les acteurs de la grande distribution.
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