Douze fédérations et une centaine de marques attaquent Shein pour concurrence déloyale
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La procédure contre Shein est engagée devant le tribunal de commerce d'Aix-en-Provence.
/FW1FP/Tomasz Janowski - REUTERS - REUTERS - Dado Ruvic
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La fronde du commerce français contre Shein franchit un nouveau cap. Douze fédérations professionnelles, appuyées par « une centaine de marques », ont annoncé mercredi le dépôt d’une action en justice visant le géant chinois de l’e-commerce pour « concurrence déloyale », avec pour objectif d’obtenir « réparation des préjudices » qu’elles estiment subir.
Dans un communiqué commun, le Conseil du commerce de France (CDCF) et plusieurs organisations sectorielles affirment que le modèle économique de Shein « repose sur le non-respect des réglementations applicables à tous les acteurs implantés en France ». Une accusation qui concentre depuis plusieurs mois l’attention des pouvoirs publics et des professionnels du commerce, inquiets de la montée en puissance fulgurante du distributeur en ligne.
Outre le CDCF, l’initiative rassemble les fédérations de la grande distribution (FCD), de l’habillement et du textile (Alliance du commerce, FFPAPF, Ufimh, UIT, Fédération de la maille, de la lingerie et du balnéaire), de la bijouterie (BOCI, UBH), du jouet (FCJPE), de la franchise (FFF) ainsi que la Fevad, représentant la vente en ligne.
Cette action « d’une ampleur inédite » est également soutenue par des enseignes nationales telles que Coopérative U, Promod, Monoprix, Grain de Malice ou Besson. Selon les fédérations, ces acteurs « affirment leur détermination à rétablir une concurrence loyale fondée sur le respect du droit ». Elles « réclament également la reconnaissance du préjudice économique subi » et « l’octroi de dommages et intérêts proportionnés à ces pertes ».
La plateforme chinoise rejette pour sa part catégoriquement ces griefs. « Cette accusation est infondée », assure un porte-parole. « Il est regrettable que ces acteurs privilégient la confrontation judiciaire plutôt qu'un dialogue constructif ». Le groupe va plus loin en estimant que « cette initiative s'apparente davantage à une tentative de boycott qu'à une démarche juridique sérieuse ».
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La procédure est engagée devant le tribunal de commerce d’Aix-en-Provence, déjà saisi dans un précédent dossier impliquant les « filiales irlandaises de Shein » pour « concurrence déloyale », dans le cadre de la liquidation de la marque de vêtements pour hommes Olly Gan. Lors d’une visioconférence, l’avocat des fédérations et entreprises, Me Cédric Dubucq, a indiqué que les organisations « interviendront volontairement » lors de l’audience de mise en l’état programmée le 12 janvier. Cette étape doit permettre d’établir le calendrier procédural, avant une audience de plaidoirie qui pourrait se tenir « d’ici 12 à 18 mois », précise Me Cédric Dubucq.
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