Les ministres européens des Finances ont entériné jeudi la fin de l’exonération de droits de douane sur les colis de moins de 150 euros, majoritairement expédiés depuis la Chine via des plateformes comme Shein ou Temu. Bruxelles espère une mise en œuvre anticipée dès 2026, afin de rétablir des conditions de concurrence équitables avec les commerçants européens.
Les ministres des Finances de l'Union européenne ont approuvé jeudi la suppression de l'exonération de droits de douane sur les colis importés en Europe d'une valeur inférieure à 150 euros.
Cette mesure avait été proposée en février par la Commission européenne, et doit s'accompagner de l'instauration de frais de traitement sur chaque petit colis entrant dans l'UE, en majorité achetés via des plateformes d'originoise chinoise comme Shein ou Temu. Le montant de ces frais n'a pas été encore fixé, mais Bruxelles a proposé en mai deux euros par paquet.
Bruxelles anticipe la mise en oeuvre de la mesure
Jusqu'ici, l'UE envisageait de mettre en oeuvre ces mesures à la mi-2028, en s'alignant sur la réforme de l'union douanière, un vaste projet d'harmonisation et de partage de données entre Etats membres.
Or, « ce calendrier est incompatible avec l'urgence de la situation », a plaidé le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic, dans un courrier aux ministres des Finances des 27.
En effet, de nombreux secteurs appellent à mettre fin « sans délai » à la concurrence déloyale que représente pour eux l'exemption de droits de douane sur les petits colis, souligne-t-il.
Premier trimestre 2026
Les Etats et la Commission veulent aller vite et mettre en application la mesure dès le premier trimestre 2026, via un système transitoire qui devrait être adopté lors de la prochaine réunion des ministres, le 12 décembre.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
« La France a pris l'initiative de réagir au phénomène des petits colis. Cela a payé aujourd'hui », s'est réjoui le ministre français de l'Economie Roland Lescure, dans une déclaration à l'AFP.
« C'est une étape clef pour la protection des consommateurs européens et du marché intérieur en luttant plus efficacement contre les produits dangereux et non conformes à nos règlementations européennes. Nous avons franchi un grand pas pour la souveraineté économique de l'Union européenne », a-t-il ajouté.