Ce dimanche, dans le cadre de l’élaboration du Projet de loi de Finances 2026, la commission des finances de l’Assemblée nationale examinera le budget dédié à l’insertion par l’activité économique. Un secteur qui permet d’accompagner l’insertion de 310.000 personnes en France, mais qui pourrait subir un coup de rabot de 14% par rapport à l’enveloppe 2025.Depuis 2019, les acteurs de l’insertion par l’activité économique se frottaient les mains. Sous l’impulsion d’une stratégie impulsée par Emmanuel Macron, le budget qui leur était alloué avait considérablement augmenté, en passant progressivement de 800 millions d’euros à 1,4 milliard d’euros en 2024, une enveloppe gérée par le Ministère du travail.
Mais depuis 2025, ils font eux aussi les frais du tour de vis budgétaire général. L’enveloppe a déjà connu un premier coup de rabot de 4% en 2025 et la copie présentée par le gouvernement Lecornu pour le PLF 2026 prévoit, cette fois, une diminution beaucoup plus drastique de l’ordre de 14%. Soit une économie de 200 millions d’euros, qui sera passée à la moulinette de la commission des Finances de l’Assemblée Nationale ce dimanche 9 novembre, puis en séance publique le 19 novembre, avant de partir au Sénat (examen en commission des finances le 13 novembre puis séance publique début décembre).
« Une fausse économie en réalité », dénonce le collectif IAE, groupement constitué notamment de la Fédération des Entreprises d’insertion, de la Fédération des acteurs de la solidarité, du réseau Chantier École, du réseau Cocagne, des Restaurants du Cœur, d’Emmaüs etc.
« Cette coupe budgétaire sans précédent va provoquer exactement l’inverse de l’effet recherché. Les structures de l’IAE sont des employeurs soumis aux cotisations et impôts qui contribuent aux recettes de l’État. Nous estimons qu’un euro d’aide au poste octroyé rapporte a minima 1,5 euro de recettes pour les comptes publics. Les personnes remises sur les rails de l’emploi sont aussi des personnes qui ne perçoivent pas les aides sociales et qui participent plus activement à l’économie », insiste Antoine Laurent, le délégué général de la Fédération des Entreprises d’insertion.