Dans l’ombre d’un vendredi décisif pour le budget dans l’hémicycle, le budget de la Sécurité sociale entame sa dernière journée d’examen en commission des Affaires sociales ce vendredi. À l’ordre du jour : l’examen sur la réforme des retraites, le point le plus tendu d’un projet de loi très controversé. Si une majorité de députés semble vouloir l’abrogation de la réforme, ce n’est pas forcément le cas en commission. LR et Horizons (le parti d’Édouard Philippe) proposeront la suppression du texte, et pourraient être soutenus par des macronistes.
Mais même alors, cette suspension ne sera qu’indicative puisque les députés repartiront du texte de départ dès mardi prochain dans l’Hémicycle. La suspension de la réforme des retraites sera votée par la gauche et par le Rassemblement national. Les socialistes ont d’ailleurs fait de l’option selon laquelle la suspension de la réforme ne serait pas votée leur principal motif de censure. D’autres sujets chauds sont aussi attendus ce vendredi, comme le gel des prestations sociales, censé rapporter 3,8 milliards d’euros, ainsi qu’une discussion sur le montant prévu des dépenses d’assurance maladie, en hausse de 1,6 % soit une hausse beaucoup moins forte qu’espérée par les professionnels du secteur, qui réclamaient 3 %.
Mais il y a peu de risques que ces mesures impopulaires trouvent échos au sein de la commission. Le reste du budget de la Sécurité sociale a été largement rejeté par cette dernière, à commencer par le volet recettes, auquel seuls les socialistes ont adhéré, estimant qu’ils avaient obtenu gain de cause sur plusieurs propositions avortées. Ainsi, la fiscalité aux entreprises sur les titres-restaurant et les chèques vacances a été rejetée, tout comme le gel des barèmes de la CSG. Pour faire des économies, le gouvernement avait proposé de maintenir au niveau actuel cette source de financement de la protection sociale, prélevée sur les salaires et les retraites, mais aussi sur les revenus du capital. Plutôt que de pénaliser tout le monde, la commission a préféré voter pour une hausse de la taxe sur les revenus du capital.