Faute de majorité politique, le Premier ministre a dû opérer des choix « de court terme » pour faire adopter la loi de finances. Ce qui pourrait alourdir les efforts à réaliser dans les prochaines années, selon une note publiée jeudi 26 février par l’Observatoire français des conjonctures économiques.Le constat est assez amer pour Sébastien Lecornu. La loi de finances pour 2026, promulguée jeudi 19 février, ne ressemble plus du tout au texte qu'il avait présenté le 14 octobre, le jour même de sa déclaration de politique générale. Cela saute véritablement aux yeux à la lecture d’une note publiée jeudi 26 février par trois économistes — Pierre Madec, Mathieu Plane et Raul Sampognaro — de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).
Face à une Assemblée nationale fracturée, le Premier ministre s’est résolu à lâcher du lest. Au départ, Sébastien Lecornu visait 4,7 % de déficit public en 2026, ce sera finalement 5 % cette année, si tout va bien. Cela représente un delta de 9 milliards d’euros. Pour parvenir à tenir cette cible, il ne serait pas surprenant que le nouveau ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, annonce des annulations de crédits dans les prochaines semaines.
La France fera donc cette année un effort de consolidation budgétaire plus faible qu’anticipé : 0,5 point de PIB contre 0,8 point prévu dans le projet de loi de finances (PLF). « Ce qui correspond au minimum compatible avec les règles européennes », précise la note. Pour parler en milliards d’euros, « cela représente un effort budgétaire de 16 milliards d’euros en 2026 et de 22 milliards d’euros si l’on exclut la hausse de la charge d’intérêts (de la dette, ndlr) », détaillent encore les auteurs.
Une hausse du déficit par la dépense publique
Pour le dire simplement, le Premier ministre ne s’est pas embarrassé. Faute de majorité politique, il a laissé filer la dépense publique. Mais pouvait-il faire autrement ? C’est particulièrement visible du côté de la Sécurité sociale où Matignon a renoncé — entre autres — au gel des prestations retraites et au doublement des franchises médicales. Et a même fait voter la suspension de la réforme des retraites. Ce qui a alourdi, d’après l’OFCE, la facture de 6 milliards d’euros par rapport au projet de loi initial de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).