Budget de la Sécu : le Sénat entame son opération « nettoyage »
latribune.fr
La majorité sénatoriale promet de revenir sur de nombreuses mesures votées à l'Assemblée, dont la très sensible suspension de la réforme des retraites.
Photographer - Thibaut Durand / Hans Lucas via - Thibaut Durand / Hans Lucas - Thibaut Durand
Budget de la Sécu : le Sénat entame son opération « nettoyage »
Le Sénat entame ce samedi l’examen du budget de la Sécurité sociale avec l’intention de détricoter plusieurs mesures votées à l’Assemblée nationale, dont la suspension de la réforme des retraites. Objectif : tenter de contenir un déficit jugé alarmant.
Le Sénat se saisit samedi du projet de budget de la Sécurité sociale en commission, où sa majorité droite-centristes promet de revenir sur de nombreuses mesures votées à l'Assemblée, dont la très sensible « suspension » de la réforme des retraites, en vue de contenir le déficit.
La commission des Affaires sociales se réunit à huis clos à partir de 9h au Palais du Luxembourg et examinera au pas de charge le projet de financement de la Sécurité sociale pour 2026, avant son arrivée dans l'hémicycle mercredi.
Ces débats préliminaires à la chambre haute ne constituent pas un rendez-vous crucial, car seuls les rapporteurs soumettent leurs amendements à ce stade, et pas les oppositions.
Rétablissement de la réforme des retraites
Cela donne néanmoins une indication claire des intentions du Sénat et de sa très large majorité, une alliance entre la droite et les centristes. Les sénateurs repartiront mercredi du texte qui leur a été transmis, c'est-à-dire de la version modifiée ces derniers jours par les députés avant l'interruption des débats.
Les désaccords entre députés et sénateurs risquent tout de même d'être criants, notamment sur l'une des mesures phares du texte: la « suspension » de la réforme des retraites jusqu'à janvier 2028. La majorité sénatoriale va demander dès samedi son rétablissement, ont confirmé plusieurs rapporteurs à l'AFP. « Le Sénat ne peut pas se renier sur une réforme qu'il a soutenu depuis des années », assume auprès de l'AFP la rapporteure générale centriste Elisabeth Doineau. « Je ne voterai pas un texte qui comprend cette suspension », confirme la sénatrice Les Républicains Corinne Imbert.
D'autres mesures impopulaires
Autre retour en arrière proposé au Sénat: le gel, en 2026, des prestations sociales, habituellement indexées sur l'inflation. L'Assemblée avait largement supprimé la mesure durant son examen. Le gel des pensions de retraite, supprimé par les députés, devrait également être proposé par le Sénat, même si d'ultimes arbitrages étaient en cours vendredi pour étudier l'hypothèse de préserver les plus petites retraites.
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Autant de mesures impopulaires que le Sénat se dit prêt à assumer, au nom du redressement des comptes de la Sécurité sociale. « Notre ambition, c'est de nettoyer tout ce qui nous paraît aberrant en termes de prélèvements nouveaux et de déficit accru, pour tenir le cap des 17,5 milliards d'euros de déficit » de la Sécu, estime le centriste Olivier Henno.
Cet objectif de 17,5 milliards, initialement fixé par le gouvernement, est largement dépassé après le passage du texte à l'Assemblée. Selon le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, il dépasse les 24 milliards d'euros, une estimation partagée par les services de l'Assemblée comme du Sénat. « C'est désespérant », s'est agacée Elisabeth Doineau, qui fustige une trajectoire « irresponsable » et promet de tenter de rétablir un déficit contenu à 17,5 milliards d'euros, « la seule manière de rassurer les marchés financiers ».