Les élus du socle commun, qui ne sont pas favorables à la taxe Zucman, semblent plus disposés à un retour de l’impôt sur la fortune. La ministre démissionnaire des Comptes publics, Amélie de Montchalin, évoque depuis plusieurs mois l’hypothèse d’un « impôt minimal différentiel » sur les patrimoines.Elle déchaîne les passions. La taxe Zucman – une imposition de 2 % des patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros (en prenant en compte l’actif professionnel des contribuables) – fait vivement réagir ces derniers jours. « Ça ne tient pas la route », a jugé dans un entretien à La Tribune le rapporteur général du Budget, Charles de Courson. Chez les patrons, le PDG du numéro un du luxe LVMH, Bernard Arnault, est même sorti de sa réserve pour critiquer durement l’économiste Gabriel Zucman dans The Sunday Times.
Rares sont les dirigeants favorables à un tel dispositif, même si trois entrepreneurs concernés par la taxe – Armand Thiberge, Jean-Baptiste Rudelle et Marc Batty – ont signé un texte de soutien remarqué dans La Tribune. En parallèle, un sondage Ifop dévoilé le 17 septembre indique que l’idée recueille 86 % d’opinions favorables chez les Français.
Dans la sphère politique, au sein du « socle commun », la taxe Zucman ne fait absolument pas recette. Problème de constitutionnalité, effets néfastes sur l’économie… Les arguments avancés par les élus du bloc central sont nombreux. « Cela pousserait au départ les gens qui créent de la richesse en France », expliquait à La Tribune, le sénateur du Maine-et-Loire et vice-président de la commission des finances au Sénat, Emmanuel Capus, proche de l’ancien Premier ministre Édouard Philippe.
« La taxe Zucman est une ligne rouge pour nous, car on ne va pas grever le développement industriel », ajoute la députée MoDem Perrine Goulet.
C’est également la position de la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, une « marcheuse » historique. « Je suis défavorable à la taxe Zucman telle qu’elle est présentée aujourd’hui », a-t-elle indiqué ce week-end au Parisien. Mais l’élue des Yvelines n’en reste pas moins persuadée que « ce budget doit être un budget de l’effort pour tous. Pour l’être, il faut aussi que les grandes fortunes soient mises à contribution… »