OPINION. « Nous, entrepreneurs concernés par la taxe Zucman, voulons contribuer », par Armand Thiberge, Jean-Baptiste Rudelle et Marc Batty
À l’heure où tous les Français « vont devoir faire des efforts » budgétaires, pour Armand Thiberge, Jean-Baptiste Rudelle et Marc Batty, « les plus aisés doivent montrer l’exemple » et accepter la taxe Zucman.
Par Armand Thiberge, Jean-Baptiste Rudelle et Marc Batty
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Pour les trois entrepreneurs (de gauche à droite : Armand Thiberge, Marc Batty et Jean Baptiste Rudelle), « être français ouvre de nombreux droits et avantages, mais implique aussi des devoirs ».
Futurs assujettis à une éventuelle taxe Zucman, nous souhaitons apporter notre point de vue à ce débat qui électrise l'espace public.
Les Français sont clairs : selon un récent sondage, 86 % d'entre eux se disent favorables à cette taxe, toutes sensibilités politiques confondues. Ce consensus inédit impose d'aborder le sujet avec sérieux plutôt que de le balayer d'un revers de main en supposant que les Français n'auraient « rien compris ».
On se focalise souvent sur les inégalités de revenus. Il est vrai qu'après redistribution, la France est l'un des pays de l'OCDE les moins inégalitaires sur ce plan. Mais cette métrique n'est pas pertinente pour les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros, ceux précisément concernés par la taxe Zucman.
À ce niveau, il est très facile de minimiser ses revenus fiscaux notamment via des holdings, de sorte que la charge fiscale rapportée au patrimoine est nettement inférieure à celle supportée par les classes moyennes et supérieures.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Entre 2003 et 2023, le patrimoine des 500 Français les plus riches a progressé en moyenne de 12 % par an (Observatoire des inégalités). Dans le même temps, celui du reste des ménages n'a augmenté que de 1,4 % par an (Insee).
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L'idée de cette taxe, que nous soutenons, est précisément de corriger cette inégalité en taxant cet accroissement de richesse. Car aujourd'hui, de manière paradoxale, ces gros patrimoines affichent des taux d'imposition effectifs beaucoup plus bas : leurs revenus déclarés sont faibles, l'essentiel de la hausse de richesse se capitalise dans des holdings, où la taxation est beaucoup plus favorable que pour les revenus du travail.
Par Armand Thiberge, Jean-Baptiste Rudelle et Marc Batty