Deux ans après le putsch qui a mis fin à la dynastie Bongo, Emmanuel Macron entame dimanche une visite à Libreville pour « renouveler » la relation franco-gabonaise. Derrière le geste politique, l’Élysée veut aussi sécuriser les intérêts économiques français dans un pays riche en hydrocarbures, manganèse et bois.
Alors que la France voit son influence reculer dans plusieurs régions du continent africain, Emmanuel Macron veut faire du Gabon l’un des rares points d’appui où diplomatie et intérêts économiques restent alignés. Le chef de l’État, en tournée africaine, doit s’entretenir avec le président Brice Oligui Nguema, artisan du coup d’État qui a mis fin à la dynastie Bongo.
Paris entend « saluer le parachèvement de la transition » et « soutenir » les nouvelles autorités, indique l’Élysée. Libreville évoque une « dynamique profondément renouvelée », avec un dialogue « d’égal à égal ». Contrairement au Sahel, où les coups d’État ont entraîné une rupture avec Paris, le Gabon a choisi de maintenir ses liens avec la France.
« Le nouveau président est bien plus francophile que son prédécesseur Ali Bongo », souligne François Gaulme, expert à l’Ifri. Un signal notable pour un pays où les entreprises françaises restent très implantées : hydrocarbures, mines, bois, infrastructures. Avec un PIB par habitant de 8 820 dollars en 2022, le Gabon figure parmi les économies les plus riches d’Afrique subsaharienne, même si un tiers de la population vit encore sous le seuil de pauvreté.
Un acteur majeur du manganèse, ressource essentielle pour les batteries
Paris compte donc consolider une présence fragilisée ces dernières années. Sur le plan sécuritaire, la présence militaire française a été réduite à une centaine d’hommes, désormais centrés sur la formation. Une Académie dédiée à la protection de l’environnement et des ressources naturelles doit être installée au Camp de Gaulle, symbole d’un repositionnement moins offensif et davantage orienté vers la coopération technique.
Mais ce sont surtout les retombées économiques qui retiennent l’attention des milieux d’affaires français. TotalEnergies, Eramet ou Rougier, déjà très présents, espèrent stabiliser leurs activités dans un contexte post-transition encore fragile. Le Gabon reste l’un des premiers producteurs de pétrole d’Afrique subsaharienne et un acteur majeur du manganèse, ressource essentielle pour les batteries.
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