Afrique-France, les raisons d’un divorce
Antoine Malo
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La présence de soldats français sur le sol tchadien est vouée à devenir une occurence plus rare.
LTD/Emma Farge/REUTERS
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La présence de soldats français sur le sol tchadien est vouée à devenir une occurence plus rare.
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Une douche glaciale. À Paris, c'est l'effet qu'a eu l'annonce surprise de N'Djamena, jeudi, de vouloir rompre la coopération militaire avec la France. Depuis des décennies, le Tchad, où 1 000 soldats sont encore positionnés, constitue la pierre angulaire du dispositif sécuritaire français au Sahel. Il est devenu encore plus stratégique après les départs forcés du Mali, du Burkina Faso et du Niger.
L'annonce tchadienne est d'autant plus mal vécue que le président sénégalais a demandé au même moment le départ des dernières troupes françaises sur son sol. Surtout, elle survient quelques jours après la remise par Jean-Marie Bockel, envoyé personnel d'Emmanuel Macron sur le continent, d'un rapport sur la reconfiguration du dispositif militaire en Afrique.
Certes, le document, qui n'a pas été rendu public, prévoit de réduire à 300 hommes la présence française au Tchad. Mais dans l'esprit de l'ancien secrétaire d'État à la Coopération de Nicolas Sarkozy, N'Djamena restait une place forte. « Il faut rester, et bien sûr nous resterons », avait-il martelé en mars. Ce projet avait semble-t‑il l'assentiment du président tchadien, Mahamat Idriss Déby.
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Comment expliquer la volte-face de ce dernier ? Au ministère des Armées, on se perd en conjectures : « C'est quoi ? un coup politique ? » s'y agaçait-on vendredi. Pour Gérard Gérold, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique, ce choix serait motivé par divers facteurs. « D'abord, le président Déby s'est tourné vers une coopération élargie à d'autres pays. Il s'est rendu à Moscou l'année dernière, et surtout il bénéficie d'un soutien financier des Émirats arabes unis. » Le mois dernier, Abou Dhabi a encore octroyé un prêt de 500 millions de dollars à N'Djamena.
Antoine Malo