Riyad suspend sine die l'organisation des Jeux asiatiques d'hiver 2029 prévus dans le complexe futuriste de Trojena. Ce coup d'arrêt pose la question de la viabilité des chantiers pharaoniques de Neom face à une conjoncture pétrolière dégradée.
Dans un communiqué conjoint publié samedi, le Comité olympique et paralympique saoudien (SOPC) et le Conseil olympique d'Asie (OCA) ont officialisé le report des Jeux asiatiques d'hiver 2029 à une date inconnue. Si les autorités évoquent un « cadre mis à jour » pour assurer le développement durable des sports d'hiver dans la région, ce renoncement forcé souligne les fragilités opérationnelles et financières du projet Neom.
Initialement attribué en 2022, l'événement devait servir de vitrine technologique à Trojena, une station de ski de luxe nichée dans les montagnes de la province de Tabuk. Ce complexe à 500 milliards de dollars, censé offrir des pistes de ski à l'année et un lac artificiel en plein désert, accuse des retards de construction significatifs. Bien que l'OCA affirmât encore en août dernier que les préparatifs étaient en ligne avec le calendrier, les réalités du terrain ont fini par s'imposer.
À la place d'une compétition multisport de grande envergure, le royaume se contentera d'organiser une série d'événements « autonomes » dans les années à venir. Cette stratégie de repli vise à maintenir une dynamique de formation pour les athlètes locaux tout en s'offrant un répit logistique crucial. Le temps presse pour Riyad, qui doit déjà arbitrer entre plusieurs chantiers titanesques : l'Exposition universelle 2030 et la Coupe du monde de football 2034, dont Neom est l'un des sites hôtes prévus.