Washington a rétabli ce mercredi ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après des attaques par l'Iran de navires dans le détroit d'Ormuz. Les deux camps s’accusent de violer leur protocole d’accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre.
Regain de tensions au Proche-Orient. Les États-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz, déclenchant ce mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn. Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires.
Les deux camps s’accusent de violer leur protocole d’accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l’offensive américano-israélienne contre la République islamique.
Ce texte prévoit notamment la réouverture du détroit d’Ormuz – par où transitent en temps normal 20 % du brut et du gaz liquéfié (GNL) mondial et dont la fermeture par Téhéran avait fait vaciller l’économie mondiale et flamber les prix – ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.
Trois navires frappés dans le détroit d'Ormuz
Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d’Ormuz, a rapporté mardi l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO. Le Qatar et l’Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l’Iran.
Dénonçant des « attaques iraniennes » et une « violation flagrante du cessez-le-feu », l’armée américaine a lancé une série de « frappes puissantes » contre l’Iran, affirmant avoir touché « plus de 80 cibles », dont « des systèmes iraniens de défense antiaérienne », a détaillé le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans un communiqué.
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« Mesures décisives » de Téhéran
L’Iran, où les médias ont fait état d’explosions mardi sur des sites proches du détroit d’Ormuz, a aussitôt mis en garde les États-Unis contre cette « violation » du protocole d’accord, prévenant qu’il « prendrait des mesures décisives pour protéger ses intérêts et sa sécurité nationale », dans une déclaration de son ministère des Affaires étrangères.
Quelques heures plus tard, mercredi, les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé avoir frappé 85 installations sur des bases militaires des États-Unis au Koweït et à Bahreïn, selon la télévision d’État.
Les sirènes d’alerte aérienne ont retenti à Bahreïn, a annoncé le ministère de l’Intérieur de ce pays du Golfe, sans plus de détails. Et l’armée du Koweït a indiqué mercredi réagir à des attaques de drones et de missiles, sans préciser leur origine.
Hausse du cours du pétrole
Dans ce contexte de tensions, les cours du pétrole poursuivent leur rebond ce mercredi. Vers 02H00 GMT, le cours du baril de West Texas Intermediate (WTI) nord-américain grimpait de 2,38 % à 72,12 dollars, après être déjà monté de 2,8 % la veille. Celui du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, gagnait 2,22 % à 75,81 dollars, après avoir bondi de 3 % mercredi.
Ce regain de tensions au Moyen-Orient a perturbé les Bourses asiatiques, déjà minées ces dernières séances par les inquiétudes sur les valorisations des valeurs tech liées à l'IA. Vers 02H00 GMT à la Bourse de Tokyo, l'indice phare Nikkei lâchait 0,86 % à 67.665 points, et l'indice élargi Topix 0,72 % à 4.033 points. À la Bourse de Séoul, l'indice Kospi abandonnait 2,28 %. Il s'était effondré de presque 5 % la veille, miné par un plongeon des champions des puces mémoires Samsung et SK hynix.
Une reprise de la navigation compromise
La navigation avait repris dans le détroit d’Ormuz à la suite de la signature du protocole d’accord, malgré quelques incidents. Fin juin, accusant l’Iran d’avoir ciblé deux navires, les États-Unis avaient bombardé le pays, qui avait riposté en ciblant des voisins du Golfe, le Koweït et Bahreïn. Washington et Téhéran s’étaient ensuite mis d’accord pour cesser ces hostilités.
L’Iran exclut, en dépit de l’opposition des États-Unis, tout retour à la situation d’avant-guerre, quand le passage du détroit était gratuit, et menace les navires tentés de contourner le seul itinéraire qu’il a autorisé le long de ses côtes.
Ce matin, le secrétaire général de l'Otan a réagi à propos de ces frappes. « Je pense que c'est absolument nécessaire, parce que lorsqu’il y a un cessez-le-feu et que l’Iran le viole quasiment ouvertement, on a vu ce qui s’est passé hier avec des navires qui ont été touchés », a-t-il déclaré devant la presse au deuxième jour d’un sommet de l’Alliance.