ENTRETIEN. Après l’avoir évité en mars dernier, le pays a plongé ce mercredi dans une nouvelle paralysie budgétaire. Gilles Moëc, économiste et fin connaisseur de l’économie américaine analyse la particularité de ce shutdown, qui prend place dans une Amérique économiquement fébrile.Cela n’était pas arrivé depuis 2018. Ce mercredi, les Américains se sont réveillés avec une administration en shutdown. Une paralysie budgétaire qui va entraîner l’arrêt des activités non-essentielles de l’État fédéral, la fermeture de certains services publics et des perturbations pour de nombreux secteurs, notamment les transports.
En cause, un désaccord sur le budget fédéral entre élus Républicains et Démocrates au Congrès. Et cette fois-ci, les tensions entre les deux blocs semblent être d’une intensité rare, ce qui présage d’un blocage plus difficile à lever, estime, pour La Tribune, Gilles Moëc, chef économiste du groupe d’assurance AXA, et qui a travaillé pendant plusieurs chez Bank of America.
LA TRIBUNE - Pensez-vous que cette fois-ci le shutdown va durer longtemps ?
GILLES MOËC - Il est toujours difficile de répondre à cette question. Mais il faut noter que les positions des deux camps politiques, Démocrates et Républicains, sont très polarisées. Les Démocrates semblent plus déterminés à donner un coup d’arrêt à la politique économique et sociale de Donald Trump.
Il faut se souvenir qu’en mars Chuck Schumer, le patron de la minorité démocrate au Sénat, avait au final décidé de « prêter des voix » aux Républicains pour éviter un premier « shutdown ». Un positionnement qui a été très contesté au sein de son propre parti, les sondages suggérant qu’il avait été juge trop « mou » par son électorat. Raison pour laquelle cette fois-ci, il se montre beaucoup plus dur. Ce qui, potentiellement, présage d’un affrontement entre blocs plus fort, et donc d’un shutdown sans doute difficile à résoudre.