Washington plonge dans le « shutdown »
latribune.fr

Le shutdown se produit lorsque le Congrès ne parvient pas à voter les lois de financement nécessaires pour maintenir les agences fédérales en activité.
Reuters - Annabelle Gordon
latribune.fr

Le shutdown se produit lorsque le Congrès ne parvient pas à voter les lois de financement nécessaires pour maintenir les agences fédérales en activité.
Reuters - Annabelle Gordon
L’échéance fatidique du 30 septembre à minuit (heure de Washington) a été franchie. À défaut d’accord sur le budget fédéral au Congrès américain, les États-Unis entrent donc dès ce 1er octobre dans un nouveau « shutdown », une paralysie partielle de l’administration fédérale. Le blocage politique met en péril non seulement le fonctionnement de l’État, mais aussi la croissance économique mondiale, déjà sous la pression inflationniste et celle de taux d’intérêt élevés.
Le shutdown se produit lorsque le Congrès ne parvient pas à voter les lois de financement nécessaires pour maintenir les agences fédérales en activité. Des centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux considérés comme « non essentiels » vont être mis en congé sans solde (furlough). Seules les fonctions vitales (sécurité nationale, services d’urgence, gestion du trafic aérien, versement des prestations sociales obligatoires comme la Social Security et Medicare) continueront d’opérer, avec un personnel réduit et dans l’incertitude de leur rémunération future. L’effet sur le moral et la productivité de la fonction publique est immédiat.
Le shutdown va peser sur les citoyens et les services publics. Les musées, les parcs nationaux – lieux hautement touristiques et culturels – fermeront leurs portes. Le traitement des demandes de passeport, de visas et de prêts immobiliers (FHA) va être ralenti ou interrompu. Pour les entreprises, cette paralysie engendre une forte incertitude réglementaire et administrative. Les inspections essentielles de la Food and Drug Administration (FDA), par exemple, pourraient être réduites, avec des répercussions sur la chaîne d’approvisionnement et la sécurité sanitaire.
Un autre effet notable et critique pour les marchés financiers, ainsi que les décideurs économiques, est l’arrêt de la publication de données statistiques essentielles. Le Bureau of Labor Statistics (BLS), le Bureau of Economic Analysis (BEA), et d’autres agences cesseront leurs activités. En conséquence, des indicateurs clés comme les chiffres de l’emploi (NFP), les ventes au détail, ou le produit intérieur brut (PIB) trimestriel pourraient être reportés indéfiniment. Cette opacité statistique rend l’évaluation de l’état réel de l’économie américaine sensiblement plus ardue pour la Réserve fédérale (Fed) dans ses décisions de politique monétaire et pour les investisseurs dans leurs allocations d’actifs.
Bien que les salaires des fonctionnaires mis au chômage technique soient souvent rétroactivement versés après la levée du shutdown, les conséquences économiques à court terme sont bien réelles. Les analyses du dernier shutdown majeur (2018-2019) ont montré que chaque semaine de paralysie coûte à l’économie américaine des milliards de dollars en croissance perdue (estimations autour de 0,1 à 0,2 point de PIB annualisé par semaine de blocage). La confiance des consommateurs et des entreprises est ébranlée par ce dysfonctionnement politique, conduisant potentiellement à une réduction des dépenses et des investissements dans un contexte où la demande doit être soutenue.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

À lire également
Le secteur de la défense et les contrats fédéraux sont également concernés. Les entreprises travaillant avec le gouvernement fédéral verront le traitement de leurs factures et le lancement de nouveaux appels d’offres s’arrêter, créant des tensions de trésorerie et des retards dans des projets majeurs, y compris dans le secteur de l’innovation technologique et de l’infrastructure. La paralysie frappe les maillons les plus dépendants de la commande publique, amplifiant le risque de volatilité sur les marchés d’actions.
latribune.fr