Guerre au Moyen-Orient : ce qu’il faut retenir de ce dimanche
latribune.fr
De la fumée s'élève après une frappe de missile iranien, alors que le conflit entre les États-Unis et Israël avec l'Iran se poursuit dans le sud d'Israël.
REUTERS - AMIR COHEN - Amir Cohen
Guerre au Moyen-Orient : ce qu’il faut retenir de ce dimanche
Le conflit entre dans son deuxième mois et continue de produire des effets en chaîne sur l’économie mondiale, du détroit d’Ormuz aux marchés industriels, en passant par la sécurité en Europe.
À mesure que le conflit s’enlise, ses répercussions économiques et sécuritaires s’installent durablement dans les équilibres mondiaux.
Téhéran accuse Washington de préparer « secrètement » une offensive terrestre.
L’intensité militaire ne faiblit pas. L’armée israélienne a affirmé avoir frappé un site clé de production de missiles balistiques à Téhéran, tandis qu’un « impact » a été signalé dans une zone industrielle du sud d’Israël.
Dans le même temps, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé avoir ordonné à l’armée d’« étendre la zone de sécurité » dans le sud du Liban, confirmant l’élargissement du théâtre des opérations.
Les tensions montent également autour d’une possible implication directe des États-Unis. Selon des informations de presse, le Pentagone préparerait des opérations terrestres limitées, menées par des forces spéciales, tandis qu’un groupe naval américain avec quelque 3 500 marins et Marines est arrivé dans la région.
Téhéran accuse Washington de préparer « secrètement » une offensive terrestre. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a averti que les forces iraniennes étaient prêtes à répondre à toute intervention.
Ormuz sous pression : navigation restreinte et flux énergétiques fragilisés
Le détroit d’Ormuz reste un point névralgique. Deux transporteurs de gaz de pétrole liquéfié à destination de l’Inde ont réussi à franchir ce passage stratégique, malgré une quasi-paralysie du trafic.
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Dans le Golfe, Bahreïn a interdit la navigation de nuit dans ses eaux territoriales, invoquant « l’agression iranienne ». Dans le même temps, plusieurs navires ont été contraints de faire demi-tour.
Frappes et extension régionale : un camp militaire visé au Koweït
La conflictualité s’étend à de nouveaux territoires. Au Koweït, une attaque contre un site militaire a fait dix blessés parmi les forces armées.
Selon l’armée koweïtienne, 14 missiles balistiques et 12 drones ont été détectés dans l’espace aérien du pays au cours des dernières 24 heures, illustrant l’intensification des opérations dans le Golfe.
Diplomatie en mouvement : Zelensky au Moyen-Orient, réunion à Islamabad
Sur le plan diplomatique, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé se rendre en Jordanie pour des discussions centrées sur la sécurité.
En parallèle, une réunion quadripartite s’est tenue à Islamabad entre le Pakistan, l’Arabie saoudite, l’Égypte et la Turquie, avec l’objectif affiché de contenir l’escalade militaire et de relancer une dynamique diplomatique.
Organisées à un « moment critique », selon le ministre pakistanais des Affaires étrangères Ishaq Dar, les discussions ont porté sur « la promotion de la paix et de la stabilité » ainsi que sur un renforcement de la coordination régionale.
Islamabad s’affirme comme un intermédiaire clé entre les États-Unis et l’Iran, facilitant l’échange de messages entre les deux puissances. Selon plusieurs sources, une rencontre directe pourrait même intervenir « très bientôt », alors que Téhéran aurait déjà transmis une réponse à une proposition américaine de sortie de crise.
Le ministre égyptien des Affaires étrangères Badr Abdelatty a évoqué des efforts pour « encourager la mise en place d’un cadre de négociations entre les États-Unis et l’Iran afin de parvenir à une désescalade », tandis que le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a appelé à renforcer l’unité du monde musulman face à la crise.
Dans le même temps, des signaux d’apaisement émergent. L’Iran a autorisé davantage de navires pakistanais à transiter par le détroit d’Ormuz, un geste perçu comme une mesure de confiance dans un contexte de tensions extrêmes.
Tensions religieuses et sécuritaires : Jérusalem sous restrictions
À Jérusalem, le Patriarche latin a été empêché d’accéder à l’église du Saint-Sépulcre pour la messe des Rameaux, une première historique.
Les restrictions, justifiées par des impératifs de sécurité par le gouvernement de Benjamin Netanyahu, témoignent de l’impact du conflit sur les libertés religieuses.
Le conflit s’invite en Europe et dans le débat international
À Paris, un attentat visant le siège de Bank of America a été déjoué.
Dans le même temps, les rebelles houthis ont revendiqué des attaques contre Israël, dénoncées par la France comme un « acte irresponsable ». Le pape Léon XIV a également mis en garde contre toute instrumentalisation religieuse du conflit.