Le détroit d’Ormuz n'est plus seulement un « choke point » géographique sur une carte de l'Agence Internationale de l'Énergie (AIE). C’est devenu le théâtre d'une démonstration de force doctrinale. Alors que 400 navires sont actuellement immobilisés de part et d’autre de ce goulet de 55 kilomètres de large, la question n'est plus de savoir si l'Iran peut fermer le détroit, mais combien de temps il pourra tenir ce blocus qui asphyxie 20 % à 30 % de la consommation mondiale de brut.
Pour comprendre la crise actuelle, il faut remonter à juin 2006. À l'époque, le guide suprême iranien, Ali Khamenei, énonce une posture claire : son pays ne déclenchera pas la guerre, mais en cas d'agression, « les flux énergétiques provenant de la région seraient sérieusement compromis ». Cette déclaration marquait la naissance d'une stratégie de défense asymétrique visant à transformer l'interdépendance économique mondiale en une arme de guerre (weaponized interdependence).