États-Unis : le conflit en Iran fait bondir l'inflation à un plus haut depuis 2023
latribune.fr
Si l'essence pèse lourdement, avec une augmentation de 28,4 % sur un an, les hausses de prix se sont aussi répandues dans le reste de l'économie, des courses en supermarché aux loyers (photo d'illustration).
L'indice des prix à la consommation (CPI) aux États-Unis a atteint son plus haut niveau sur un an en avril depuis 2023. Si la flambée de l'essence (+ 28,4 %) reste le principal moteur, la contagion gagne l'alimentation et les services, pesant désormais sur le pouvoir d'achat réel des ménages.
L'inflation continue sa progression aux États-Unis. Elle s'est une nouvelle fois fortement accélérée à 3,8 % sur un an en avril, selon des données officielles publiées mardi. Il s'agit du rythme le plus élevé depuis mai 2023. En comparaison, l'indice des prix à la consommation (CPI) progressait de 3,3 % en mars et de 2,4 % en février.
Si l'essence pèse lourdement, avec une augmentation de 28,4 % sur un an, les hausses de prix se sont aussi répandues dans le reste de l'économie, des courses en supermarché aux loyers. Car l'envolée du prix de l'essence ne se cantonne pas aux stations-service. Elle affecte aussi les agriculteurs, transporteurs, industriels… Qui répercutent les surcoûts dans leurs prix.
« Les prix alimentaires continuent de grimper, l’inflation alimentaire sur un an atteignant un plus haut de plusieurs années, tandis que les services sous-jacents — qui incluent le logement et les soins médicaux — ont enregistré leur plus forte progression depuis septembre. Autrement dit, les pressions inflationnistes ne se limitent pas à la pompe : elles se manifestent dans l’ensemble du budget des ménages », commente dans une note Bret Kenwell, analyste des marchés américains pour eToro.
« Pour la première fois depuis trois ans, l'inflation va plus vite que les hausses de salaires. C'est un coup dur pour les ménages des classes moyennes et populaires », relève de son côté Heather Long, économiste de la banque Navy Federal Credit Union.
Baril au-dessus de 100 dollars
La guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran, semble dans une impasse et les cours du pétrole restent ancrés au-dessus de 100 dollars le baril. Un gallon (près de 3,8 litres) d'essence ordinaire coûte actuellement en moyenne 4,50 dollars aux États-Unis, contre environ 3 dollars juste avant la guerre, selon le dernier relevé de l'association automobile américaine (AAA), qui fait référence.
À quelques mois des élections de mi-mandat, le gouvernement de Donald Trump assure que les perturbations économiques sont temporaires pour les Américains. Le locataire de la Maison-Blanche avait fait de la reconquête du pouvoir d'achat une de ses priorités.
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La publication d'un baromètre sur le moral des consommateurs vendredi a aussi refroidi l’administration américaine. L'indice de l'université du Michigan, qui fait référence, est au plus bas depuis la création du sondage en novembre 1952. Les États-Unis sont toutefois toujours en situation de plein-emploi en avril avec un chômage stable à 4,3 %, comme escompté, et 115 000 emplois créés, soit davantage qu'anticipé, selon des données officielles publiées vendredi.