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Économie

Conflit en Iran : l’impasse entre Washington et Téhéran continue, le pétrole repart à la hausse

latribune.fr

Publié le 11 mai 2026 à 06:58

Une publicité anti-américaine représentant le président américain Donald Trump et le détroit d'Ormuz, à Téhéran.

Une publicité anti-américaine représentant le président américain Donald Trump et le détroit d'Ormuz, à Téhéran.

via REUTERS - Majid Asgaripour

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La rupture persistante entre Washington et Téhéran fait bondir les prix du pétrole au-delà des 100 dollars le baril, les marchés redoutant un enlisement du conflit.

Le bras de fer entre les États-Unis et l’Iran replonge les marchés pétroliers dans une zone de fortes turbulences. Après le rejet cinglant par Donald Trump de la réponse iranienne aux propositions américaines visant à mettre fin au conflit, les cours du brut ont bondi de plus de 5 % lundi, alimentés par les craintes persistantes autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour l’approvisionnement mondial en pétrole.

Le président américain a qualifié dimanche soir de « totalement inacceptable » la réponse transmise par Téhéran. Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a écrit : « Je ne l’aime pas - TOTALEMENT INACCEPTABLE », après avoir pris connaissance des propositions des « soi-disant représentants de l’Iran ».

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« Cette guerre n’est pas celle de son administration, c’est la sienne », Téhéran dicte la cadence pour Donald Trump

En retour, Téhéran a dénoncé des « demandes excessives » assimilées à une capitulation. Selon l’agence Tasnim, une source officielle iranienne a affirmé que la réaction du président américain « importe peu » et que « l’équipe de négociateurs doit seulement préparer des propositions pour le bien de la nation iranienne ».

Cette nouvelle passe d’armes intervient alors que les négociations patinent depuis plusieurs semaines malgré la trêve instaurée début avril sous médiation pakistanaise. L’Iran réclame notamment une indemnisation pour les dégâts causés par les frappes américaines et israéliennes lancées le 28 février, ainsi qu’une désescalade régionale incluant le Liban.

Le détroit d’Ormuz encore, et toujours

Pour les marchés, le point névralgique reste le détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement près de 20 % du pétrole mondial. Les tensions militaires et les incidents signalés ces derniers jours dans la zone entretiennent la crainte d’un blocage durable des flux énergétiques. Lundi matin, le baril de Brent de mer du Nord gagnait 4,20 % à 105,52 dollars, tandis que le WTI américain bondissait de 4,86 % à 100,06 dollars.

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Les investisseurs redoutent surtout l’absence de perspective rapide de réouverture complète du détroit, où le trafic maritime reste fortement perturbé depuis le début des hostilités. « Il semble y avoir peu d’empressement de part et d’autre à aggraver les tensions mais une solution durable pour mettre fin au conflit et rouvrir le détroit d’Ormuz demeure difficile à trouver, prolongeant les perturbations » sur le marché pétrolier, souligne Lloyd Chan, analyste de la banque MUFG.

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Selon lui, le rejet par Donald Trump des exigences iraniennes alimente « un risque d’incertitude prolongée plutôt qu’une désescalade rapide, avec pour les marchés pétroliers une prime de risque géopolitique persistante ».

Une menace durable sur l’économie mondiale

La poussée des cours du brut ravive les inquiétudes inflationnistes à l’échelle mondiale. Un pétrole durablement au-dessus des 100 dollars compliquerait la tâche des banques centrales, déjà confrontées aux conséquences économiques du ralentissement mondial et des tensions commerciales.

Les marchés asiatiques ont réagi avec prudence. Tokyo a terminé en baisse, Sydney a reculé, tandis que Hong Kong évoluait sans direction claire. Seule Séoul a nettement progressé, portée par l’envolée des valeurs technologiques liées à l’intelligence artificielle.

Le conflit reste par ailleurs loin d’être résolu sur le plan géopolitique. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé dimanche que la guerre contre l’Iran n’était « pas terminée », évoquant la nécessité d’éliminer les stocks d’uranium enrichi de Téhéran et de neutraliser les milices alliées de la République islamique.

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