La baisse des taux de la Fed suspendue aux chiffres du chômage américain de vendredi

Le président de la Fed, Jerome Powell, va regarder avec attention les chiffres de l'emploi.
Reuters

Le président de la Fed, Jerome Powell, va regarder avec attention les chiffres de l'emploi.
Reuters
Des publications très attendues. Ce sont deux publications qui pourraient avoir de très lourdes conséquences sur l’économie américaine. Mercredi 7 janvier sera publié le rapport mensuel d'ADP sur les créations d'emplois dans le secteur privé pour décembre. Puis, vendredi 9 janvier, ce sera au tour du département du Travail de publier son rapport mensuel sur l'emploi (l'étude de référence). Il s'agira des premiers chiffres qui ne seront pas concernés par les perturbations de publication liées à la plus longue paralysie budgétaire de l'histoire des États-Unis, qui a duré plus de 40 jours cet automne.
L'enquête d'ADP, réalisée en collaboration avec Stanford Digital Economy Lab, est traditionnellement publiée deux jours avant le rapport mensuel sur l'emploi du département du Travail. Elle est cependant considérée comme moins fiable en raison de différences de méthodologie. Ces données de second plan, publiées mercredi, ont fait office de mise en bouche pour les investisseurs avant le rapport de vendredi. « Pris ensemble, ces indicateurs ont démontré un ralentissement de l'économie américaine », commente Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank.
Une donnée très importante pour la Fed. Or, ces données sont primordiales pour la gestion monétaire de la banque centrale américaine. La Fed a, en effet, deux mandats : maîtriser l’inflation autour de 2 % et amener les États-Unis vers le plein-emploi. Ainsi, si l’inflation est basse et que le chômage remonte à cause de la baisse de l’activité, l’institution présidée par Jerome Powell pourrait baisser ses taux directeurs, lors de sa prochaine réunion du 28 janvier, pour diminuer les coûts des crédits et relancer les investissements, la consommation et donc l’activité économique américaine. À l’inverse, si l’inflation est haute et que l’emploi se maintient, la Fed devrait maintenir ses taux autour de leur niveau actuel allant de 3,75 % à 3,5 %.
Deux baisses de taux cette année ? Pour le moment, c’est le deuxième scénario qui prédomine. Alors que l’inflation était toujours de 2,7 % en décembre, le produit intérieur brut (PIB) des États-Unis a progressé de 4,3 % au troisième trimestre, contre une progression de 3,8 % au précédent trimestre. « Avec un PIB aussi fort, la Fed (Réserve fédérale, banque centrale des États-Unis) a une nouvelle raison de préférer le statu quo lors de sa prochaine réunion », expliquait fin janvier Sam Stovall, analyste du cabinet CFRA. Selon Fed Watch, les analystes anticipent deux baisses de 0,25 point de pourcentage cette année et des taux entre 3,20 % et 3 %.
À moins que le marché de l’emploi ne se soit dégradé en décembre. Le mois de novembre a marqué les esprits pour avoir affiché un taux de chômage à 4,6 %, son niveau le plus élevé depuis quatre ans. Si les chiffres de décembre s’avéraient encore plus mauvais, la Réserve fédérale pourrait finalement décider de baisser ses taux pour soutenir l’économie.
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Mais toutes ces incertitudes pourraient être balayées en mai prochain, avec le remplacement de Jerome Powell. Donald Trump qui souhaite voir les taux directeurs américains largement baisser, devrait nommer un nouveau président bien plus accommodant. Son favori, Kevin Warsh, a même affirmé vouloir ramener les taux directeurs autour de 1 %, soit leur niveau d’avant Covid.