Haïti : 6 millions de personnes risquent la malnutrition d’ici à l’an prochain
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Le pays, qui n’a pas connu d’élections depuis 2016, est depuis dirigé par un Conseil présidentiel de transition.
AFP - AFP or licensors - CLARENS SIFFROY
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Le pays, qui n’a pas connu d’élections depuis 2016, est depuis dirigé par un Conseil présidentiel de transition.
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Quelque 5,7 millions de personnes souffrent de malnutrition en Haïti ravagé par la violence des gangs, un nombre qui pourrait atteindre presque 6 millions dans les prochains mois, selon le rapport IPC (Cadre Intégré de Classification de la sécurité alimentaire) publié vendredi 10 octobre.
Plus de la moitié de la population du pays (51%, 5,7 millions) fait face à l’insécurité alimentaire, dont près de 1,9 million de personnes (17% de la population) sont classées au niveau IPC 4 (urgence) et 3,8 millions au niveau IPC 3 (crise), selon l’IPC, système de suivi de référence soutenu par l’ONU.
Ces chiffres sont relativement similaires à la dernière analyse publiée en avril, avec une bonne nouvelle : les 8.400 personnes classées en niveau IPC 5 (le dernier, catastrophique, équivalent à la famine) dans des camps de déplacés ont disparu, grâce à une hausse ciblée de l’aide humanitaire dans ces zones.
En revanche, « une légère détérioration de la situation est attendue » pour les mois qui viennent, avec une prévision de 5,91 millions de personnes en insécurité alimentaire d’ici juin 2026, s’inquiète l’IPC. Sur les 5,7 millions de personnes confrontées à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë - le nombre le plus élevé de ces dernières années - plus de 8 400 personnes vivant dans des sites de déplacés souffrent d’une faim catastrophique dans la phase 5 de l’IPC (catastrophe). En outre, 2,1 millions de personnes, soit 19% de la population analysée, se trouvent en situation d’urgence, confrontées à une insécurité alimentaire critique, tandis que 3,6 millions de personnes (32 %) sont classées en phase 3 de l’IPC (crise), soulignait le précédent rapport.
Louis Gérald Gilles, membre du Conseil présidentiel de transition d’Haïti, a annoncé vendredi que le gouvernement avait lancé un plan visant à mobiliser rapidement des ressources pour les plus démunis. Il a également indiqué que les autorités avaient créé un Bureau de la sécurité alimentaire et nutritionnelle afin d’assurer une coordination efficace et une réponse adaptée à la faim croissante.
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Pays le plus pauvre des Amériques, Haïti subit depuis longtemps la violence des bandes criminelles, qui commettent meurtres, viols, pillages et enlèvements, dans un contexte d’instabilité politique chronique.« L’influence croissante des groupes armés, combinée aux problèmes structurels et aux conditions climatiques défavorables, continue d’affecter la sécurité alimentaire de la population haïtienne », selon la dernière étude IPC.
La situation s’est encore largement détériorée depuis le début de l'année 2024, lorsque les gangs ont poussé le Premier ministre de l’époque Ariel Henry à la démission. Le pays, qui n’a pas connu d’élections depuis 2016, est depuis dirigé par un Conseil présidentiel de transition.
(avec agences)
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