L'Espagne met 5 milliards d’euros sur la table face à la flambée des prix de l’énergie
latribune.fr

Le gouvernement de Pedro Sánchez a annoncé vendredi un plan de 80 mesures.
/FW1FP/Gareth GDJones - REUTERS - REUTERS - Yves Herman
latribune.fr

Le gouvernement de Pedro Sánchez a annoncé vendredi un plan de 80 mesures.
/FW1FP/Gareth GDJones - REUTERS - REUTERS - Yves Herman
L’Espagne dégaine un vaste arsenal budgétaire et fiscal pour amortir le choc énergétique provoqué par la guerre au Moyen-Orient. Le gouvernement de Pedro Sánchez a annoncé vendredi un plan de 80 mesures représentant 5 milliards d’euros, articulé autour d’une baisse marquée des taxes sur l’énergie et d’aides ciblées aux secteurs les plus exposés.
Au cœur du dispositif figure une réduction massive de la fiscalité sur les carburants et l’électricité. Madrid prévoit notamment d’abaisser la TVA sur les carburants de 21 % à 10 %, ainsi que sur le gaz, tandis que les droits d’accise sur les hydrocarbures seront suspendus. Selon les premières estimations, ces mesures entraîneront une baisse immédiate des prix à la pompe comprise entre 0,30 et 0,40 euro par litre, soit « environ 20 euros d’économie par plein pour une voiture moyenne ».
Le Premier ministre socialiste assume pleinement ce choix interventionniste. « Les situations extraordinaires exigent des réponses extraordinaires », a-t-il déclaré à l’issue d’un conseil des ministres extraordinaire, promettant « une réduction drastique » de la fiscalité sur l’énergie. En parallèle, l’exécutif prévoit une baisse de 60 % des taxes sur l’électricité, via notamment une suspension de l’impôt sur la production, ainsi que la suppression de la taxe de 5 % sur la consommation électrique.
Au-delà des ménages, le plan cible directement les professionnels les plus vulnérables à la flambée des prix de l’énergie. « Une aide directe de 0,20 euro par litre de carburant » sera accordée « à tous les transporteurs, agriculteurs, éleveurs et pêcheurs de notre pays, ainsi qu’une aide équivalente à l’achat d’engrais », a précisé Pedro Sánchez. Le gouvernement entend également « plafonner le prix maximal de vente du butane et du propane ».
Cette offensive économique s’inscrit dans un contexte européen marqué par une forte volatilité des prix de l’énergie. La fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement près de 20 % du pétrole mondial, a accentué les tensions sur les marchés, poussant plusieurs États membres à envisager des mesures d’urgence. Réunis à Bruxelles, les dirigeants de l’Union européenne ont ainsi appelé à des réponses temporaires, combinant baisses d’impôts et subventions.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Certains pays sont déjà passés à l’action. L’Italie a débloqué plus de 400 millions d’euros pour réduire temporairement les droits d’accise sur les carburants. À l’inverse, la France se montre pour l’heure plus prudente. « Le scénario d’une baisse des taxes n’est pas envisagé à l’heure où on se parle, en revanche, on entend les difficultés », a déclaré la porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l’Energie, Maud Bregeon.
Madrid entend toutefois aller plus loin que ses partenaires. Le plan espagnol inclut également un « gel temporaire » des loyers, mesure politiquement sensible qui doit encore être approuvée par un Parlement où l’exécutif ne dispose pas de majorité. Cette disposition illustre la volonté du gouvernement de contenir les effets inflationnistes au-delà du seul champ énergétique.
Pedro Sánchez n’a pas caché la dimension politique de cette riposte économique. « Je suis très, très en colère face à la situation que vit le monde dans laquelle nous précipitent certaines décisions et certains gouvernements », a-t-il lancé, dénonçant la guerre « illégale » menée contre l’Iran. Le chef du gouvernement a également souligné le coût de ces mesures pour les finances publiques : « Les Espagnoles et les Espagnols vont devoir assumer un coût de 5 milliards d’euros. Cinq milliards d’euros que nous pourrions consacrer aux bourses, à la santé, à la dépendance ».
Malgré cet effort budgétaire, l’exécutif reste lucide sur les limites de son action. « Évidemment, ces mesures n’empêcheront pas que les effets de cette guerre illégale atteignent l’Espagne, mais elles en atténueront au moins la portée et les rendront un peu plus supportables », a reconnu Pedro Sánchez.
Le gouvernement met en avant les atouts structurels du pays pour justifier son optimisme. Grâce à un mix énergétique largement tourné vers les renouvelables, l’Espagne serait « le pays le mieux préparé » pour affronter la crise actuelle. Avec ce plan, Madrid revendique la mise en place du « plus important bouclier social et économique de l’Union européenne », au moment où le choc énergétique teste la résilience des économies du continent.
latribune.fr
Fraude fiscale et sociale : le Conseil constitutionnel valide l’essentiel de la loi, la gauche dénonce « un virage libertarien »
Île-de-France : Valérie Pécresse dévoile sa vision pour Saclay 2035
Sabrina Roubache, ministre : « On ne touche pas une politique publique qui fonctionne »
Philippe Labarde, homme de presse, 1939-2026