Productivité : le décrochage spectaculaire de l’Europe face aux États-Unis
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Une ligne de production Volkswagen en Allemagne.
Reuters/Fabian Bimmer
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Une ligne de production Volkswagen en Allemagne.
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L’Europe va-t-elle définitivement décrocher face aux États-Unis ? Empêtrée dans une croissance atone, l’économie européenne peine à se redresser malgré la baisse des prix. Et ce constat devrait se poursuivre avec l’inexorable chute de la productivité. « L’Europe décroche du point de vue du PIB par habitant par rapport aux États-Unis. Ce décrochage traduit un affaiblissement structurel. Ce n’est pas simplement conjoncturel », a expliqué un économiste de l’OFCE, Lionel Nesta, lors d’un point presse ce mardi 30 septembre.
Au sein de la zone euro, l’Allemagne limite certes son retard en matière de revenu par habitant (-5 points depuis 2000) face à l’économie américaine, mais Berlin n’est pas épargné par ce déclin. La France (-10 points) et l’Espagne (-8 points) sont également frappées de plein fouet. Quant à l’Italie, le plongeon est encore plus spectaculaire (-20 points) alors que le gouvernement ultraconservateur de Giorgia Meloni est salué en Europe comme un exemple de redressement réussi des comptes publics.
En cause, le déficit d’investissement de l’Europe face aux États-Unis. « La moitié de l’écart est liée à un manque d’investissement en Europe », détaille Lionel Nesta. Par emploi, les États-Unis investissent environ 20 000 euros par an, contre 15 000 en France, 12 500 en Allemagne ou encore 11 000 euros seulement en Italie. Dans la course aux investissements technologiques, les États-Unis font clairement la course en tête avec un niveau quatre fois supérieur à celui de la zone euro. Outre les technologies, la première puissance planétaire surpasse également la zone euro en matière de recherche et développement ou en logiciels.
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En 2019, l’écart d’investissement était presque de 1 000 milliards d’euros entre les deux zones économiques. Pour rattraper leur retard, les économistes de l’OFCE ont calculé que l’Europe devrait faire un surcroît d’investissement de 70 %. Or, les orientations budgétaires qui se dessinent en France ne semblent pas aller dans cette direction. Frappé par un déficit abyssal, l’Hexagone devrait appuyer sur le frein des dépenses si il veut faire revenir son déficit en deçà de 3 % d’ici à 2029. Un casse-tête pour le gouvernement Lecornu, en quête de majorité pour faire passer son budget dans les semaines à venir.