Méga-budget européen : tour de chauffe entre les pays frugaux et dépensiers

L'UE espère boucler les négociations sur ce méga-budget d'ici la fin de l'année.
/FW1FP/Louise Heavens - REUTERS - REUTERS - Yves Herman

L'UE espère boucler les négociations sur ce méga-budget d'ici la fin de l'année.
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À l'occasion d'une réunion mardi des ministres des affaires européennes à Bruxelles, seize États du sud et de l'est du continent ont défendu une hausse des dépenses dédiées à l'agriculture et à la cohésion territoriale, par rapport au projet élaboré par Bruxelles.
Ces pays suggèrent d'accroître les recettes propres à l'UE, voire de reconduire les emprunts contractés pour financer la relance post-Covid (au lieu de les rembourser), pour augmenter ces dépenses. Ils appellent aussi à supprimer les rabais accordés à certains États membres.
« Nous sommes convaincus que nous avons besoin d'un budget conséquent pour réaliser nos ambitions », a défendu devant la presse la ministre roumaine Oana-Silvia Toiu.
Ces pistes, qui font écho à la position du Parlement européen, également partisan d'une hausse des moyens alloués à l'agriculture et aux régions, se heurtent aux appels des États dits « frugaux », partisans d'un budget plus économe.
Ces derniers proposent de réaliser des économies dans ces deux domaines, pour financer les nouvelles priorités (défense et compétitivité).
Parmi eux, la Suède a réuni mardi matin neuf pays « contributeurs nets » (qui reçoivent moins d'argent de l'UE qu'ils n'en versent), qui partagent selon elle cette vision.
« Nous avons convenu que nos contributions financières ne peuvent pas augmenter de façon spectaculaire », contrairement à ce que propose la Commission, a souligné la ministre suédoise des Affaires européennes, Jessica Rosencrantz.
La France, quant à elle, défend le développement des recettes propres à l'UE, compte tenu des contraintes budgétaires pesant sur les pays membres.
« C'est une condition sine qua non pour la France pour l'adoption de ce prochain budget », a souligné le ministre Benjamin Haddad, rappelant aussi la proposition française d'un recours à un « endettement ciblé » pour financer des investissements d'avenir.
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Mais l'Allemagne, par la voix de son ambassadeur Thomas Ossowski, a redit son opposition à tout emprunt européen, et réaffirmé la nécessité de réduire les dépenses, « vu la situation budgétaire difficile des États membres ».
Le sommet européen des 18 et 19 juin à Bruxelles doit marquer le coup d'envoi des négociations entre les 27 sur le futur budget, avec l'examen de premières contre-propositions chiffrées, élaborées par la présidence chypriote du conseil de l'UE, qui doivent servir de base aux discussions avec les eurodéputés.
La Commission européenne a proposé l'an dernier un budget total de 2 000 milliards d'euros sur la période 2028-2034, en forte hausse par rapport au précédent cadre financier pluriannuel. L'UE espère boucler les négociations sur ce méga-budget d'ici à la fin de l'année. Un calendrier particulièrement serré, pour éviter une éventuelle paralysie institutionnelle l'an prochain liée à des scrutins dans plusieurs pays, dont l'élection présidentielle en France.
(Avec AFP)