La Chine déverse ses milliards d’investissements sur l’Europe et cible l’automobile

La Chine a fléché 16,8 milliards d'euros d'investissements vers l’Europe l’année dernière, sur un total de 69 milliards.
© Agathe Perrier, La Tribune

La Chine a fléché 16,8 milliards d'euros d'investissements vers l’Europe l’année dernière, sur un total de 69 milliards.
© Agathe Perrier, La Tribune
Jamais l’Europe n’a eu autant la cote auprès de la Chine. Le Vieux Continent est devenu la première destination des investissements directs étrangers (IDE) chinois dans les économies avancées en 2025, selon un rapport des think tanks Rhodium Group et Merics, paru mercredi.
La Chine a fléché près d'un tiers de ses 69 milliards d'euros d'IDE mondiaux (16,8 milliards d'euros) vers l’Europe l’année dernière. Un niveau en augmentation de 67 % par rapport à 2024, et une deuxième hausse annuelle d’affilée. Reste qu’il se révèle deux fois moindre que ce qu’il était dix ans en arrière.

Ailleurs, les investissements chinois stagnent entre 10 et 11 milliards d'euros par an depuis 2022. Ils ont notamment affiché leur plus bas niveau depuis dix ans aux États-Unis, autour de 3 milliards d'euros.
Côté destination, c’est la Hongrie qui comptabilise le plus d’IDE chinois, pour la troisième année consécutive. Elle a attiré 3,9 milliards d'euros d'investissements chinois en 2025, suivie par l’Allemagne (2,5 milliards d'euros) et la France (1,9 milliard d'euros).
Trois des dix plus importants projets d'investissement chinois en cours en Europe étaient ainsi situés en Hongrie en 2025 – dont l'un est porté par le constructeur de voitures électriques BYD et deux par les fabricants de batteries CATL et Sunwoda Electronic.
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La pole position de la Hongrie s’est toutefois affaiblie, représentant 23 % du total des investissements chinois en Europe en 2025, contre 32 % un an plus tôt. Les parts de marché perdues par la Hongrie ont notamment été grappillées par ses deux poursuivants. L'Allemagne a augmenté sa part de 10 % à 15 % sur la même période, quand la France a vu la sienne plus que doubler (passant de 5 % à 12 %).

Concernant les projets, la Chine a majoritairement investi en Europe dans l’automobile. Les investissements dans ce secteur ont totalisé 7,6 milliards d'euros en 2025, après 5,2 milliards l’année précédente. « 2025 est ainsi devenue la deuxième meilleure année jamais enregistrée pour les investissements chinois dans l'automobile en Europe, après 2015 (7,9 milliards d'euros) », indiquent les auteurs du rapport. La quasi-totalité (93 %) a été fléchée vers la chaîne d'approvisionnement des véhicules électriques.

L’essentiel de ces investissements chinois dans les véhicules électriques en Europe s'est d’ailleurs concentré en Hongrie. Ils ont représenté 3,8 milliards d'euros en 2025, en hausse de +18 % sur un an. La dynamique s’est toutefois « déplacée » : les investissements chinois liés aux véhicules électriques ont bondi de +88 % en Allemagne et de +147 % en Espagne, signe que ces pays veulent aussi tirer profit de l’appétit chinois.
C’est ensuite dans le divertissement que la Chine a le plus investi en Europe en 2025, consacrant 2,3 milliards d’euros (+52 % sur un an). Le secteur des biens et services complète le podium avec 2 milliards d’euros (+93 %).
Malgré ces fortes croissances, ces deux secteurs sont « mal placés pour remplacer le secteur automobile comme pilier stable des IDE chinois en Europe », expliquent les analystes. Car « tous deux sont dominés par les opérations de fusions-acquisitions, qui ont tendance à fluctuer d'une année sur l'autre ». À l’inverse, les investissements dans le secteur automobile concernent davantage des créations d’entreprises et s’inscrivent dans le temps long.