Cent jours avant le coup d'envoi, la Coupe du monde 2026 entre dans la zone de turbulences
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La guerre en Iran, le soulèvement des cartels au Mexique ou les visas gelés aux États-Unis perturbent déjà la Coupe du Monde.
FIFA
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La guerre en Iran, le soulèvement des cartels au Mexique ou les visas gelés aux États-Unis perturbent déjà la Coupe du Monde.
FIFA
Dans cent jours exactement s'ouvrira, au stade Aztèque de Mexico, la Coupe du monde de football la plus ambitieuse jamais organisée. Quarante-huit nations, 104 matches, trois pays hôtes, États-Unis, Mexique, Canada, seize stades répartis sur quatre fuseaux horaires et 4 000 kilomètres de distance. Gianni Infantino, le président de la FIFA, parle de « 104 Super Bowl » et promet 11 milliards de dollars de retombées pour l'institution, 30 milliards pour l'économie américaine en termes de tourisme, de restauration et d'investissements. Le tout couronné par une finale le 19 juillet dans le New Jersey, en pleine célébration des 250 ans de l'indépendance américaine. Sauf que le monde, en ce printemps 2026, n'est pas prêt à célébrer ce tournoi.
La question la plus brûlante concerne l'Iran, qualifié pour le tournoi et censé disputer ses trois matches de poule sur la côte ouest des États-Unis. Israël et les États-Unis ont lancé ce 28 février des frappes coordonnées massives sur la République islamique, dans une opération dont les conséquences humaines et politiques sont encore en train de se déployer. La mort du guide suprême Ali Khamenei, tué lors des bombardements, a précipité le pays dans une crise de régime sans précédent, tandis que les bilans font état de centaines de morts et de blessés. L'armée iranienne a immédiatement promis des représailles d'une ampleur inédite, ciblant des bases américaines dans le Golfe et en Israël.
Dans ce contexte, la FIFA s'est contentée d'une déclaration laconique : son secrétaire général Mattias Grafstrom a indiqué « suivre attentivement l'évolution de la situation ». La participation de la sélection iranienne relève désormais de l'impensable à court terme.
Au-delà de l'Iran, c'est l'ensemble du contexte géopolitique qui fragilise l'événement. La politique douanière de Donald Trump contre ses voisins, ses menaces récurrentes d'annexer le Canada comme 51e État, les mesures drastiques contre l'immigration, dont le gel des visas imposé mi-janvier à 75 pays, parmi lesquels quatre nations qualifiées (Haïti, Sénégal, Côte d'Ivoire, Iran), posent des questions concrètes sur la capacité du tournoi à accueillir les 20 à 30 millions de touristes annoncés par Infantino. La police de l'immigration américaine (ICE) et ses méthodes musclées constituent un frein supplémentaire pour de nombreux visiteurs étrangers.
Côté mexicain, la mort en février du chef de l'un des plus puissants cartels a déclenché une vague de violences dans plusieurs régions du pays, dont Guadalajara, ville hôte de quatre rencontres. La présidente Claudia Sheinbaum a assuré qu'il n'y avait « aucun risque ». Infantino s'est dit « très tranquille ». Le sport a parfois cette capacité singulière de continuer à promettre la fête quand la réalité s'emballe.
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