États-Unis : un Européen interdit de visa engage une action en justice contre l’administration Trump
latribune.fr
La procédure judiciaire vise notamment Marco Rubio, mais aussi plusieurs responsables clés de l'administration, dont les ministres de la Justice et de la Sécurité intérieure, ainsi que le directeur de la police fédérale de l'immigration.
Le Britannique Imran Ahmed, l’une des cinq personnalités européennes sanctionnées par Washington pour leur engagement en faveur d’une régulation stricte des plateformes numériques, a déposé plainte contre l’administration américaine. Il craint une arrestation et une expulsion alors qu’il réside légalement aux États-Unis.
Un bras de fer judiciaire s’ouvre entre un militant européen de la régulation de la tech et l’administration américaine. Imran Ahmed, ressortissant britannique et fondateur de l’ONG Center for Countering Digital Hate (CCDH), a déposé mercredi une plainte devant un tribunal de New York contre l’administration de Donald Trump, selon un document consulté par l’AFP.
Le plaignant affirme faire face à la « perspective imminente d’une arrestation anticonstitutionnelle, d’une détention punitive et d’une expulsion », après avoir été visé par des sanctions américaines liées à ses activités militantes. « Le gouvernement fédéral a clairement indiqué que M. Ahmed faisait l’objet de sanctions pour le travail de l’ONG qu’il a fondée et dirige », précise la plainte.
Une sanction liée à la régulation des plateformes
Le CCDH est connu pour ses travaux sur les politiques de modération des grands réseaux sociaux. L’organisation a notamment critiqué à plusieurs reprises les pratiques de X, ex-Twitter, propriété d’Elon Musk, allié politique du président américain. Mardi, les États-Unis ont annoncé des sanctions contre Imran Ahmed, ainsi que contre quatre autres personnalités européennes engagées dans la lutte contre la désinformation et les discours de haine en ligne : Clare Melford (Global Disinformation Index), Anna-Lena von Hodenberg et Josephine Ballon (HateAid), ainsi que l’ancien commissaire européen chargé du Numérique, le Français Thierry Breton.
Ces mesures ont été justifiées par le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, qui a dénoncé sur X des pratiques assimilées à de la « censure extraterritoriale » au détriment des intérêts américains. Plus précisément, Washington reproche à l’ONG d’Imran Ahmed d’avoir « appelé les plateformes à déréférencer douze personnalités américaines opposées aux vaccins », dont l’actuel ministre américain de la Santé, Robert F. Kennedy Jr. Ces accusations ont été détaillées par la sous-secrétaire d’État à la diplomatie publique, Sarah Rogers.
Imran Ahmed conteste fermement cette lecture. Il rappelle notamment qu’un tribunal californien a rejeté l’an dernier une plainte déposée par X, qui accusait le CCDH de mener une campagne de diffamation.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
Âgé de 47 ans, Imran Ahmed vit « légalement » aux États-Unis depuis 2021 et est titulaire d’une carte verte de résident permanent, précise la plainte. Son épouse et leur fille sont de nationalité américaine. La procédure judiciaire vise notamment Marco Rubio, mais aussi plusieurs responsables clés de l’administration, dont les ministres de la Justice et de la Sécurité intérieure, ainsi que le directeur de la police fédérale de l’immigration.