Exercices militaires en Iran : le détroit d'Ormuz est partiellement fermé
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L'Iran va fermer pendant quelques heures le détroit d'Ormuz pour mener ses exercices militaires.
via REUTERS - Marc Boucher
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L'Iran va fermer pendant quelques heures le détroit d'Ormuz pour mener ses exercices militaires.
via REUTERS - Marc Boucher
La fermeture partielle du détroit d’Ormuz pour exercices militaires ce mardi a immédiatement fait bondir le Brent à 68,72 dollars, illustrant la fragilité d'un corridor où transite 25 % du pétrole maritime mondial.
Cette démonstration de force des Gardiens de la Révolution constitue un levier de pression direct sur Donald Trump alors que s'ouvrent à Genève des discussions critiques sous médiation omanaise.
L'enjeu des élections de mi-mandat 2026 pourrait contraindre Washington à la retenue diplomatique pour éviter un baril à 100 dollars, malgré le déploiement massif de deux porte-avions face aux ambitions nucléaires iraniennes.
Les faits. L’Iran va fermer pendant quelques heures le détroit d’Ormuz pour mener ses exercices militaires, a prévenu ce mardi la télévision d’État iranienne. Une fermeture qui devrait durer plusieurs heures. « Certaines parties du détroit seront fermées, afin de respecter les principes de sécurité et de navigation », a déclaré un journaliste iranien en reportage près du lieu des exercices. Ces manœuvres, dont la durée n'a pas été précisée, visent à préparer les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, « aux menaces sécuritaires et militaires potentielles », a précisé la télévision.
Les conséquences de la fermeture. Des responsables iraniens ont plusieurs fois menacé de bloquer le détroit d'Ormuz, notamment en temps de tensions avec les États-Unis, mais il n'a jamais été fermé. C'est par ce détroit, jouxté par l’Iran, les Émirats arabes unis et le sultanat d’Oman, que transitent environ un quart de la production mondiale de pétrole transporté par voie maritime et un cinquième du gaz naturel liquéfié (GNL), selon l'Agence internationale de l'énergie.
Juste après l’annonce de la fermeture du détroit, les cours du pétrole ont augmenté. Vers 13H25, heure française, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en avril, prenait 0,10 % à 68,72 dollars, alors qu'il avait débuté la séance en baisse. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en mars, gagnait 1,48 % à 63,82 dollars.
Le contexte. Les pays occidentaux et Israël soupçonnent l'Iran depuis plusieurs années de vouloir se doter de l'arme nucléaire. Téhéran dément nourrir de telles ambitions, mais insiste sur son « droit inaliénable » à développer une filière nucléaire civile et à enrichir l'uranium, notamment pour l'énergie, conformément aux dispositions du Traité de non-prolifération dont il est signataire. En juin 2025, Israël puis les États-Unis ont visé dans des frappes des sites nucléaires iraniens.
Depuis la répression dans le sang des manifestations massives en janvier en Iran, Donald Trump a multiplié les avertissements tout en laissant la porte ouverte à un règlement diplomatique, notamment sur le programme nucléaire iranien. Faute d'accord, le président américain a menacé l'Iran de conséquences « traumatisantes » et a même évoqué ouvertement vendredi l'hypothèse d'un renversement du pouvoir.
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Les États-Unis ont ainsi déployé dans le Golfe une imposante force navale, dont le porte-avions USS Abraham Lincoln. Un deuxième, le Gerald Ford, doit le rejoindre à une date qui reste incertaine.
Dans un contexte tendu, l'Iran et les États-Unis ont entamé mardi près de Genève une seconde série de discussions, sous médiation du sultanat d'Oman. Mais ils divergent sur la teneur de leurs discussions. L'Iran ne veut parler que de son programme nucléaire. Washington, comme Israël, exige également qu'il limite son programme de missiles balistiques et cesse de soutenir des groupes armés régionaux. Sur le volet nucléaire, l'Iran s'est dit prêt à un compromis concernant son stock d'uranium hautement enrichi, estimé à plus de 400 kg et dont le sort est incertain, si Washington lève ses mesures punitives.
Mardi, le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré que l'Iran et les États-Unis s'étaient entendus lors de leurs discussions en Suisse sur « un ensemble de principes directeurs », qui pourrait ouvrir la voie à un possible accord. Les États-Unis n'ont, pour le moment, pas commenté cette déclaration.
Que peut-on attendre désormais ? Le blocage d'une partie du détroit d'Ormuz, par où transite environ 20 % du pétrole mondial, dont 7 % pour les États-Unis, « ne devrait pas changer les flux transportés, mais c'est probablement un moyen pour l'Iran de rappeler à Donald Trump que le pays possède aussi des leviers de négociations », souligne auprès de l'AFP Ole R. Hvalbye, analyste chez SEB.
Une question subsiste également : celle « des élections de mi-mandat aux États-Unis », en fin d'année 2026, note aussi John Evans, analyste chez PVM. Selon lui, le président américain pourrait vouloir éviter une escalade militaire et « le risque d'un baril à 100 dollars », avant cette échéance électorale, et se montrerait donc plus enclin à des négociations avec Téhéran.
(Avec AFP)
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