Nucléaire iranien : pour obtenir un accord, Téhéran veut faire gagner de l'argent aux États-Unis

L’Iran et les États-Unis ont repris les négociations au début du mois.
/FW1FP/Nicholas ZIEMINSKI - REUTERS - REUTERS - Dado Ruvic

L’Iran et les États-Unis ont repris les négociations au début du mois.
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Énergie, mines, aéronautique… « Pour assurer la pérennité d’un accord, il est essentiel que les États-Unis en tirent également profit dans les domaines où les retours économiques sont importants et rapides », a déclaré Hamid Ghanbari, directeur adjoint du ministère des Affaires étrangères chargé de la diplomatie économique, selon l’agence de presse semi-officielle Fars.
« Les intérêts communs dans les champs pétroliers et gaziers, les champs conjoints, les investissements miniers et même les achats d’avions sont inclus dans les négociations », a déclaré Hamid Ghanbari, faisant valoir que l’accord nucléaire de 2015 avec les puissances mondiales n’avait pas garanti les intérêts économiques américains.
En 2018, Donald Trump avait retiré les États-Unis de cet accord. Le texte prévoyait l’allègement des sanctions contre l’Iran en échange de limitations de son programme nucléaire. Washington a depuis rétabli de sévères sanctions économiques contre Téhéran.
Au début du mois, l’Iran et les États-Unis ont repris les négociations. L’objectif est de résoudre leur différend concernant le programme nucléaire et d’éviter une confrontation militaire.
Vendredi, une source a indiqué à Reuters qu’une délégation américaine, comprenant les envoyés Steve Witkoff et Jared Kushner, rencontrerait des responsables iraniens à Genève mardi. Un haut responsable iranien a confirmé l’information dimanche.
« Steve Witkoff et Jared Kushner sont en déplacement, je crois qu’ils le sont en ce moment même, pour des réunions importantes, et nous verrons ce que l’avenir leur réserve », a déclaré Marco Rubio, sans donner plus de détails.
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Lors d’une conférence de presse à Bratislava, le secrétaire d’État américain a précisé que Donald Trump privilégiait la diplomatie et un règlement négocié, tout en restant prudent. « Personne n’a jamais réussi à conclure un accord fructueux avec l’Iran, mais nous allons essayer », a déclaré Marco Rubio.
Parallèlement, les États-Unis ont déployé un deuxième porte-avions dans la région. Ils se préparent à une éventuelle campagne militaire si les pourparlers échouent, selon des responsables américains. En juin, Washington s’était déjà joint à Israël pour mener des frappes aériennes contre des sites nucléaires iraniens.
La pression économique s’accentue également. Lors d’une réunion à la Maison-Blanche, Donald Trump et le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, ont convenu de réduire les exportations de pétrole iranien vers la Chine, rapporte Axios. Pékin absorbe plus de 80 % des exportations de Téhéran. Une telle réduction amputerait lourdement les recettes de l’Iran.
L’Iran a menacé de frapper les bases américaines au Moyen-Orient en cas d’attaque, malgré une ligne conciliante adoptée dimanche. Le vice-ministre des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi, a indiqué que l’Iran était prêt à des compromis sur son programme nucléaire contre un allègement des sanctions.
Le haut responsable a cité la déclaration du chef de l’industrie atomique iranienne : le pays pourrait accepter de diluer son uranium enrichi. Il s’agit là d’un signe de flexibilité.
Téhéran refuse toutefois l’enrichissement nul, point d’achoppement majeur des négociations. Washington y voit une voie vers l’arme nucléaire, ce que l’Iran nie. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a quitté Téhéran pour Genève afin de rencontrer le directeur de l’AIEA et d’autres responsables.
(Avec Reuters)