Ce n’est ni une « société secrète », ni une « secte occulte ultralibérale » comme l’accusent ses détracteurs. Mais c’est bien, dans une relative discrétion, que se réunit, chaque année, la Société du Mont Pèlerin, un club à dimension internationale réunissant chercheurs, chefs d’entreprise, lobbyistes… et passionnés de la pensée libérale. Depuis sa création en 1947 par « l’anti-Keynes », Friedrich Hayek, depuis le Mont Pèlerin, en Suisse, la société revendique lutter contre le communisme, le fascisme et l’étatisme. En 2025, ils ont trouvé leur nouvel adversaire : Donald Trump.
En France, les têtes d’affiche soutenues par ce réseau d’influence n’ont certes pas égalé les deux gloires libérales du monde anglophone ; Margaret Thatcher et Ronald Reagan. Mais ses relais sont présents au sein de quelques think tanks. Et le cercle - qui a failli être baptisé « Acton-Tocqueville Society » en hommage à Alexis de Tocqueville avant de juger le nom trop catholique et aristocrate pour des membres à majorité américains -, nourrit une tendre nostalgie à l’égard des penseurs français. Le prix Nobel Maurice Allais, l’ennemi de l’inflation et de l’instabilité monétaire Jacques Rueff… mais aussi les précurseurs : Turgot, Frédéric Bastiat, sans oublier les révolutions de 1776 aux Etats-Unis et de 1789 en France.
Plus dispersés que les 2 700 rassemblements du mouvement « No Kings » aux États-Unis, certains d’entre eux tirent toutefois la même sonnette d’alarme : « La République est en danger et si cela continue, cela va mal finir. Trump a remplacé dans les administrations les fonctionnaires par des loyalistes qui lui sont fidèles. C’est le chemin de la dictature », assène Tom Palmer, président libertarien de l’autre puissant lobby américain, l’Atlas Foundation, lors du Congrès annuel de la Société qui s’est tenu début octobre à Marrakech (Maroc). « Il est le président le plus corrompu des Etats-Unis », répète-t-il.