Coup de stress sur les banques régionales américaines : le crédit en question
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L'indice des banques régionales à Wall Street a été fortement secoué avant de se redresser vendredi.
Reuters
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L'indice des banques régionales à Wall Street a été fortement secoué avant de se redresser vendredi.
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En période de paralysie des administrations publiques aux Etats-Unis et de vide de statistiques publiques, pour cause de « shutdown », les investisseurs attendaient beaucoup de la publication des résultats des banques américaines pour se faire une idée de la direction prise par l’économie. Ils n’ont pas été déçu.
Certes, les grandes banques de Wall Street ont publié des résultats records, dopés par la banque d’investissement, en particulier les activités de fusions & acquisitions. Mais des grains de sable ont aussitôt enrayé la mécanique haussière, jusqu’au secteur bancaire en Europe. Ces grains de sable, le banquier Jamie Dimon, puissant patron de JP Morgan Chase, les a baptisés « cafards », en l’occurrence des dossiers de crédit plus ou moins frauduleux, dans lequel la finance de l’ombre, en clair les fonds de dette privée, semble très exposée.
Mais d’autres mauvaises surprises sont apparues en fin de semaine, refaisant même revivre le spectre des faillites bancaires du printemps 2023 dans le sillage de Silicon Valley Bank. Les difficultés de la banque avaient provoqué un bank run (retrait massif de dépôts) qui a fragilisé le tissu bancaire américain.
La banque régionale américaine Zions Bancorp. a ainsi communiqué jeudi des pertes inattendues, de 50 millions de dollars, dans des activités en Californie. Un peu plus tôt, une autre banque régionale, Western Alliance, a engagé des poursuites en justice contre un emprunteur. Montant de la facture : 100 millions de dollars.
Ces deux dossiers de crédit ne sont pas de nature à fragiliser le secteur bancaire mais ils concernent tous deux des opérateurs en dette privée. Alors même que deux faillites plus conséquentes, qui engagent des milliards de dollars et qui touchent les grandes firmes de Wall Street, celles de First Brand et Tricolor, les fameux cafards, secouent le Landerneau bancaire et met en lumière la faiblesse des contrôles de risque dans les banques mais aussi leur relation avec l’univers de la dette privée.
Chaque semaine, les clés pour comprendre les marchés financiers.

Résultat, les banques régionales ont lourdement chuté en Bourse, provoquant un mini sell off sur les valeurs bancaires qui s’est propagé vendredi sur les valeurs bancaires européennes. La baisse s’est toutefois calmée en raison de la publication de bons résultats.
Pourtant, ce qui est en cause, c’est bien la santé du système bancaire américain, l’opacité des institutions financières non bancaires et, globalement, une moindre vigilance sur le crédit, alors que l’administration Trump se prépare à un nouveau round de déréglementation bancaire.
Les résultats publiés sont bons mais ils révèlent néanmoins quelques fragilités, comme une hausse des impayés, un ralentissement dans le secteur immobilier mais aussi dans le financement automobile. Bien loin des fastes de Wall Street, c’est une Amérique qui s’appauvrit dont il s’agit.
Chacun guette désormais les risques de défaut des entreprises, qui reste à un niveau historiquement bas. Alors que Jamie Dimon incite à la prudence sur le crédit, un autre banquier, Tim Pence, patron de la banque Fifth Third, engagée dans une opération de croissance externe à 11 milliards de dollars, parle d’un optimisme prudent dans un climat d’incertitudes.
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Pour l’heure, le consommateur américain résiste toujours et les impayés sur cartes ou crédit auto restent stables. Et la baisse anticipée des taux fédéraux dans les prochains mois pourrait faire repartir la production de crédits. Mais les inquiétudes concernant l'exposition des banques a été le principal moteur de la brusque envolée des rendements du bonds du Trésor, qui ont touché en séance vendredi le seuil des 4 % sur le « dix ans », un plus haut depuis six mois. Preuve d’une certaine fébrilité des investisseurs sur le marché du crédit.
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