Trump repousse de dix jours son ultimatum contre l'Iran, les Bourses européennes attentistes

Le républicain a encore décalé son ultimatum " jusqu'au lundi 6 avril à 20 heures, heure de Washington ", a-t-il annoncé jeudi soir.
REUTERS - Nathan Howard

Le républicain a encore décalé son ultimatum " jusqu'au lundi 6 avril à 20 heures, heure de Washington ", a-t-il annoncé jeudi soir.
REUTERS - Nathan Howard
Donald Trump reporte de dix jours son ultimatum de frappes sur le secteur énergétique iranien. Le président américain menace de détruire les centrales électriques en Iran pour forcer l'accès au détroit d'Ormuz, voie névralgique du commerce mondial d'hydrocarbures.
Pour rappel, il avait donné « 48 heures » à Téhéran pour le rouvrir samedi dernier, avant de donner lundi un nouveau délai, de cinq jours cette fois, pour laisser le temps au dialogue de se poursuivre. Mais « à la demande du gouvernement iranien », le républicain a encore décalé son ultimatum « jusqu'au lundi 6 avril à 20 heures, heure de Washington », a-t-il annoncé jeudi soir.
L'exécutif américain a vu d'un bon œil le passage de plusieurs pétroliers dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps normal un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et gaz naturel liquéfié, et bloqué de facto par l'Iran depuis plusieurs semaines.
L'Iran a laissé passer « dix navires », a assuré Donald Trump, jugeant que ce geste montrait que son administration « négociait avec les bonnes personnes » en Iran.
Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, est par ailleurs arrivé en France, selon un journaliste de l'AFP, pour le second jour d'une réunion du G7, au cours de laquelle il devrait pousser ses homologues à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz.
Vendredi, l'Iran dit que le détroit d'Ormuz est fermé aux navires venant ou se dirigeant vers des ports liés à « l'ennemi », indiquant avoir forcé trois navires à faire demi-tour dans le détroit.
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Ce nouveau report a apporté un peu d'accalmie aux cours du pétrole, avant de repartir à la hausse ce vendredi. Le prix du baril de Brent de la mer du Nord cotait aux alentours de 110 dollars, restant néanmoins plus de 40 % plus cher qu'avant le conflit.
Après un moment d'attentisme et d'hésitation, les marchés boursiers d'Europe repartaient à la baisse à 10 h 40 : Londres -0,55 %, Milan -1,01 %, Paris -0,60 % et Francfort -1,15 %.
En Asie, l'indice Nikkei a terminé en baisse au Japon (-0,43 %), tout comme l'indice Kospi en Corée (-0,40 %). À Wall Street jeudi soir, le Dow Jones a clôturé en baisse de 1,01 %, l'indice élargi S&P 500 de 1,74 %, mais c'est l'indice Nasdaq, riche en valeurs technologiques, qui a particulièrement souffert, glissant de 2,38 %.
Depuis plusieurs jours, Donald Trump alterne entre menaces de frapper plus fort l'Iran et assurances que le conflit va bientôt se terminer.
« Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien », a-t-il déclaré sur son réseau Truth Social.
Téhéran refuse d'utiliser à ce stade le terme de « discussion », mais, selon une source anonyme, citée jeudi par l'agence de presse Tasnim, l'Iran a transmis « officiellement » et « à travers des intermédiaires » une réponse au plan américain constitué de 15 points. Il a fixé des conditions à une cessation des hostilités et attend désormais « un retour de l'autre partie ».
Les États du Golfe, où les infrastructures énergétiques et les intérêts américains sont régulièrement ciblés, ont demandé à participer au processus de négociation.
Ils entendent « contribuer au renforcement de leur sécurité et de leur stabilité », selon Jassem Al-Budaiwi, secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Bahreïn, Qatar, Koweït et Oman).
Israël, silencieux sur ces discussions, poursuit pendant ce temps ses opérations militaires et assassinats de hauts responsables iraniens.