La Commission européenne a dévoilé un « plan directeur » pour révolutionner l'épargne sur le continent via un nouveau Compte d’épargne et d’investissement (CEI) européen. L'objectif est de réorienter les quelque 35 500 milliards d'euros des dépôts bancaires peu rémunérateurs vers les marchés, afin de financer l'économie réelle et l'Union de l'épargne et de l'investissement (UEI).La Commission européenne a dévoilé, ce mardi, une initiative d’envergure visant à transformer le paysage de l’épargne continentale. Au cœur de cette stratégie pour une nouvelle Union de l’épargne et de l’investissement (UEI) : la création d’un Compte d’Épargne et d’Investissement (CEI) européen. L’objectif est clair : détourner les capitaux considérables — plus de 35 500 milliards d’euros d’épargne au total — des dépôts bancaires peu rémunérateurs vers les marchés financiers, afin d’injecter des fonds vitaux dans l’économie réelle et soutenir la compétitivité face aux géants américains et chinois.
Le constat dressé par Bruxelles est sans appel. Les citoyens européens, grands épargnants, « gardent une part trop importante en dépôts où le rendement est très faible ou, avec l’inflation, même négatif en termes réels », déplore Maria Luís Albuquerque, commissaire européenne aux Services financiers. Cette préférence marquée pour l’épargne de précaution prive les entreprises européennes de financements essentiels, un phénomène qui prend une acuité critique alors que l’UE cherche à accélérer ses transitions écologique et numérique. Dans un scénario optimiste, la Commission estime qu’une participation accrue des particuliers aux marchés pourrait générer plus de 1,2 trillion d’euros d’investissement supplémentaire en actifs de l’UE sur dix ans.
L’initiative, présentée sous la forme d’un « plan directeur » (blueprint) dans une Recommandation aux États membres, vise à faire des CEI un outil pour renforcer la richesse individuelle et aider les citoyens à mieux préparer des objectifs de vie majeurs comme l’achat d’un logement, le financement des études supérieures ou la retraite.
Incitation fiscale
Bien que les recommandations de la Commission ne soient pas contraignantes, elles sont d’une importance capitale, car elles poussent les Vingt-Sept à utiliser leur levier le plus puissant : la fiscalité. Pour garantir le succès du CEI, l’exécutif européen exhorte les États membres à proposer des avantages fiscaux au moins aussi généreux que ceux déjà en place, voire meilleurs, soulignant qu’ils sont la clé pour encourager l’adoption des CEI et obtenir une plus large participation des investisseurs particuliers.