Koweït : la compagnie pétrolière nationale réduit sa production « à titre préventif »
latribune.fr
Cette semaine, les marchés pétroliers ont connu une forte hausse, les investisseurs redoutant une perturbation durable des flux d’hydrocarbures en provenance du Golfe.
JT/ - REUTERS - REUTERS/Jack Taylor - Jack Taylor
La compagnie pétrolière nationale du Koweït a annoncé samedi avoir baissé sa production de pétrole en raison des attaques iraniennes et des menaces pesant sur le détroit d'Ormuz.
Voilà qui ne devrait pas calmer les marchés de l'or noir. Samedi, la compagnie pétrolière nationale du Koweït (KPC) a indiqué avoir décidé de diminuer sa production de pétrole à titre « préventif ». Cette décision intervient dans un contexte marqué par les attaques iraniennes et les menaces pesant sur la sécurité du détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour le transport des hydrocarbures du Golfe.
« A la lumière de l'agression continue de la République islamique d'Iran contre l'Etat du Koweït, y compris les menaces iraniennes contre la sécurité du passage des navires dans le détroit d'Ormuz, la Koweit Petroleum Company (KPC) a mis en place une réduction préventive de la production de pétrole brut et du débit de raffinage », a précisé l’entreprise dans un communiqué. Elle a ajouté que cette décision pourrait évoluer, la mesure étant appelée à être « réévaluée en fonction de l'évolution de la situation ».
Hausse sur les marchés
Cette semaine, les marchés pétroliers ont connu une forte hausse, les investisseurs redoutant une perturbation durable des flux d’hydrocarbures en provenance du Golfe. Vendredi, le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, a terminé à 90,90 dollars. Soit une progression de plus de 12 % sur la séance et de 35,63 % sur la semaine, un niveau inédit depuis la création des contrats à terme sur le WTI en 1983. De son côté, le Brent, référence internationale, a clôturé à 92,69 dollars, enregistrant une hausse de 8 % sur la journée et de 27,88 % sur la semaine, après les premières frappes israélo-américaines sur l’Iran.
En quelques jours seulement, les prix ont ainsi grimpé de plus de 20 dollars. Depuis le début de l’année, l’augmentation dépasse désormais 30 dollars. Le WTI se rapproche ainsi du seuil symbolique des 100 dollars, qui n’avait plus été atteint depuis juillet 2022. « J’ai déjà vu ce genre de situation auparavant, mais celle-ci commence à prendre des proportions dramatiques », observait hier Ole R. Hvalbye, analyste chez SEB, évoquant le risque d’une récession économique.
La flambée des prix a également été alimentée vendredi par les déclarations de Donald Trump, qui a exigé une « capitulation » de l’Iran, important pays producteur de pétrole. Mais l’élément déterminant reste la perturbation du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % de la production mondiale.
Newsletter
Industrie et service
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.
Plusieurs pays ont déjà commencé à réduire leur activité. « L’Irak a déjà réduit son approvisionnement d’environ 1,5 million de barils par jour et le Koweït semble atteindre ses limites de stockage, le pays [...] fermant de fait la plupart de ses capacités de raffinage destinées à l’exportation », indiquent les experts de JPMorgan. Même si la circulation maritime devait reprendre dans le détroit d’Ormuz, le retour à la normale ne serait pas immédiat.
Dans ce contexte de tensions et de risque de pénurie, plusieurs pays ont déjà pris des mesures. La Chine a demandé à ses principaux raffineurs de suspendre leurs exportations de gazole et d’essence. Aux États-Unis, les autorités ont autorisé pendant un mois la livraison de pétrole russe sous sanction vers l’Inde, alors que les approvisionnements de New Delhi sont perturbés par la crise au Moyen-Orient. La marine américaine escortera également les navires souhaitant traverser le détroit « dès que ce sera raisonnable », a déclaré le ministre de l’Énergie Chris Wright.