Fremaux Delorme, l'ETI du cousu-main qui conquiert les marchés internationaux
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L’atelier de Nieppe a travaillé entièrement son ergonomie pour que le tissu arrive aux couturières.
Gaetane Deljurie
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L’atelier de Nieppe a travaillé entièrement son ergonomie pour que le tissu arrive aux couturières.
Gaetane Deljurie
Dans l’atelier de Nieppe, le tac-tac cadencé des aiguilles des machines à coudre se mêle au bruissement à peine perceptible des étoffes qu’on déploie, qu’on inspecte, qu’on assemble. Les tissus défilent suspendus, les housses se plient comme une chorégraphie. La scène pourrait dater d’un autre siècle : des métiers de précision, des expertises précises, des gestes répétés des milliers de fois jusqu’à atteindre l’exactitude parfaite.
Ici, près de 70 paires de mains mettent en scène une histoire éminemment contemporaine : celle d’une maison textile fondée en 1845, toujours familiale, toujours indépendante, et qui fête cette année ses 180 ans.
« Ici, on ne fait que du linge de lit, et uniquement de la confection », explique Amaury Fremaux, qui conduit la visite. Le tissage et l’ennoblissement sont réalisés en amont, en Italie. C’est à Nieppe que commence « le travail d’artisanat », lorsque les toiles de 1 000 à 3 000 mètres de longueur deviennent taies, draps et couvre-lits. L’entreprise porte un nom devenu familier dans le linge de maison haut de gamme : Fremaux Delorme.
Contrairement à la majorité des grandes maisons industrielles du XIXᵉ siècle, celle-ci naît de l’intuition et du talent d’une femme, Ernestine Fremaux, dont l’amour du beau linge et l’exigence artisanale ont posé les fondations de cette entreprise qui perdure encore aujourd’hui. Aujourd’hui, le groupe revendique aujourd’hui quatre ateliers implantés en France : Nieppe, Sevelinges, Saint-Forgeot et Confolens. Et un statut rare : celui d’entreprise du patrimoine vivant ayant conservé la maîtrise de sa chaîne de valeur sur le territoire national.
Sur les tables, les couturières tracent, mesurent, coupent à la main pour les commandes personnalisées ou les petites séries ; le robot de coupe (machine qui a nécessité 200 000 euros d’investissement) n’est utilisé que lorsque les volumes sont suffisants, notamment pour les grandes séries d’un même modèle. « C’est un métier extrêmement manuel, pour deux raisons », précise Amaury Fremaux. « Le contrôle qualité d’abord : sur une housse de 4 m², le moindre défaut ne se voit qu’à l’œil humain. On écarte 7 à 8 % de la production. »
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