La filière des industries de la mer est confrontée au défi de la transition écoénergétique et à celui du recrutement, avec 10 000 embauches par an attendues d'ici à 2030. Pour répondre aux enjeux, une formation inédite sera lancée en 2027 au niveau national.Deuxième domaine maritime mondial, derrière les Etats-Unis, la France a développé une industrie liée à la mer qui monte en puissance. Le naval civil et militaire, les énergies en mer, les industries nautiques représentent 130 000 emplois, 35 milliards d'euros de chiffre d'affaires et plus de 1 000 métiers. Mais pour soutenir sa croissance et répondre au défi de la décarbonation et de la transition écoénergétique, la filière doit recruter massivement : 10 000 embauches par an et près de 8 000 créations nettes d'emploi sont attendues d'ici à 2030.
C’est dans cette optique que le CINav, acteur national de l'emploi et de la formation des industries de la mer, a officialisé mardi à Brest le lancement de B.Sea, une formation inédite dédiée à la transition écoénergétique du secteur. Cette plateforme d’apprentissage conçue comme une « université numérique » entrera dans sa phase opérationnelle dès octobre 2027 et s’adressera à tous les acteurs de la filière, du CAP au doctorat.
Formation à grande échelle
Co-construite avec 15 partenaires académiques et industriels (Naval Group, Évolen, France Énergies Marines, CEA, Centrale Nantes…), dont l'Université de Bretagne Occidentale (UBO) comme allié stratégique, le programme va disposer d’un budget global de 10 millions d'euros sur 3 ans. Il s’appuiera, entre autres, sur des modules (évolution du climat, impacts sur l’environnement, décarbonation des navires, éolien…) développés par une vingtaine d'enseignants-chercheurs de l'Institut universitaire européen de la mer (IUEM).
« En formation initiale et continue, B.Sea s'impose comme la plateforme de référence en France pour former les futurs apprenants et faire monter en compétences les 130 000 collaborateurs des industries de la mer », a indiqué hier Lénaïc Segalen, déléguée générale du CINav. « La formation entre dans sa phase opérationnelle avec une mission claire : bâtir un socle de connaissances scientifique et pédagogique pour accélérer la transition écoénergétique de la filière. À terme, ce sont 10 000 apprenants par an qui en bénéficieront partout en France ».