FIÈVRE JAUNE, ALERTE ROUGE (2/3). Le retour de l'exploration minière pousse des habitants à enquêter sur les impacts des anciennes mines du sud Limousin. Les concentrations en arsenic relevées dans les rivières paraissent démesurées. Si bien que des études de grande ampleur vont être lancées.Dans la châtaigneraie limousine, une contrée bigarrée de forêts, prairies et vallons rocheux, le passé industriel est enfoui. Dans le sol, et dans les mémoires aussi. La dernière mine d'or française a fermé ses galeries ici en 2002 sur la commune du Chalard. Les derniers signes actifs de l'extraction sont les trois stations de traitement des eaux gérées par Orano, où l'entreprise n'a pas oublié les conséquences à long terme de son activité.
Aujourd'hui spécialisé sur le combustible nucléaire, le groupe français a auparavant exploité onze des vingt mines d'or de ce coin de verte campagne, à l'époque sous le nom de Cogema puis d'Areva. Il lui incombe de gérer les conséquences de la fracturation de la roche, le procédé qui a mis au jour les filons d'or et libéré le cortège de métaux lourds qui va avec, arsenic en tête. Et ce, pour au moins des décennies.
« Les concentrations en arsenic sont moindres qu'à la fermeture des sites mais elles restent trop élevées par rapport aux seuils réglementaires », rapporte Olivier Masset, responsable de la gestion des anciennes mines françaises d'Orano. Ce service, appelé « l'après-mines » en interne, a pour mission de capturer les métaux lourds qui s'échappent des anciens sites d'extraction jugés à risque. En tant qu'élément cancérogène, l'arsenic fait l'objet d'une attention particulière. Il peut déclencher des cancers de la peau, du poumon et de la vessie. Sur les onze mines exploitées puis fermées par l'industriel, seules sept font l'objet d'analyses régulières et trois seulement disposent d'une station de traitement. Les quatre restantes ne présentaient pas de concentrations anormales à leur arrêt. Mais c'était il y a plus de vingt-cinq ans.