Le 16 octobre, des eurodéputés réunis en commission ont approuvé une position forte sur l'interdiction des importations de gaz russe, en proposant de la rendre effective dès 2027 et non 2028.
Plusieurs eurodéputés d'extrême droite opposés à l’interdiction des importations de gaz russe dans l’UE, qui se profile pour 2027 ou 2028, préparaient une manœuvre afin de faire dérailler les négociations. Ils ont finalement reculé, faute d’appuis suffisants au Parlement.
L’étau se resserre sur Viktor Orbán, qui s’est engagé à importer du gaz russe jusqu’en 2036. Alors que l’UE compte mettre fin à ce commerce avec Moscou, les fidèles du Premier ministre hongrois, vivement opposés à cette mesure, échafaudaient un plan en coulisse : organiser dès ce jeudi un vote sur le sujet au Parlement européen, en plénière à Strasbourg. Le but de la manœuvre : aboutir, espéraient-ils, à un rejet du texte.
Il y avait urgence. Le 16 octobre dernier, des eurodéputés réunis en commissions du commerce international (INTA) et de l’industrie, de la recherche et de l’énergie (ITRE) ont approuvé la fin des contrats pour acheminer du gaz en provenance du pays de Vladimir Poutine dès le 1er janvier 2027.
Ceux-ci ont désormais mandat pour aller négocier directement à Bruxelles, en défendant cette position au nom de tous les parlementaires. Inconcevable pour l’extrême droite hongroise : appuyée par des députés souverainistes d’autres États membres, Français compris, ils comptaient donc contester ce mandat en convoquant tout l’Hémicycle.
Pourtant, l’échéance passée, rien de tout ça n’est arrivé. « Il fallait rassembler 34 signatures pour que le vote ait lieu. Mais rapidement, on a eu l’impression que les Hongrois ont arrêté d’en chercher », glisse-t-on au sein du groupe Patriotes pour l’Europe (PfE). Et pour cause : le risque était trop grand que les parlementaires adoptent le texte plutôt que de le débouter. « Ils allaient se retrouver en totale minorité. Ils se sont pris une pilule ! », s’exclame un macroniste.
Le Parlement veut aller plus loin que la Commission et le Conseil
Sauf grande surprise, le Parlement aurait validé la position des commissions. Mi-octobre, elle avait été approuvée à 83 voix pour, 9 contre. « Remporter une telle victoire, c’est rare », souligne Thomas Pellerin-Carlin (Socialistes & Démocrates), membre de la commission ITRE.
Newsletter
Industrie et service
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.
Or, le texte en question va plus loin que celui de la Commission européenne, qui est à l’initiative de la mesure : à l’origine, l’exécutif bruxellois souhaitait interdire toutes les importations de gaz russe au 1er janvier 2028.Lundi, le document adopté par les ministres des États membres, réunis dans le Conseil européen, reste sur cette même ligne. Mais dans la version approuvée par le Parlement, l’échéance est avancée d’un an, au 1er janvier 2027.