Le géant des gaz industriels a publié un bénéfice record de 3,5 milliards d'euros sur un an, en hausse de 6,4 %. Face à des filières industrielles plus chahutées, il poursuivra en 2026 son pari sur l’électronique, boostée par l’IA pour accroître ses ventes.
Jusqu’ici, le métier historique du géant français des gaz industriels Air Liquide semblait particulièrement tourné vers les process industriels lourds des cimenteries, des raffineries ou encore de l’industrie manufacturière…
Mais de plus en plus, l’avenir du groupe aux 65 000 collaborateursest aussi désormais lié au développement des semiconducteurs et de l’intelligence artificielle. Comment ? A travers les process de fabrication des puces, cartes électroniques et mémoires, qui requièrent des gaz vecteurs comme l'azote, permettant ainsi de «diluer et véhiculer les molécules pour la fabrication des puces» et de refroidir l'environnement de production, ainsi que d’autres gaz comme le protoxyde d'azote, silane, ou encore le xénon, « utilisés eux aussi dans les procédés de fabrication de tous les semi-conducteurs», explique l'entreprise, qui travaille notamment avec les grands noms de la filière ( TSMC, Samsung Electronics, GlobalFoundries, Micron Technology, Intel, STMicroelectronics, SK Hynix ou encore VSMC…)
Résultat ? Après avoir annoncé un bénéfice record de 3,5 milliards d'euros sur l’année écoulée (en hausse de 6,4 %), avec des ventes en progression de 2% à 26,9 milliards d'euros (mais dont le résultat consolidé s’affiche en baisse de 0,4 % en raison d’effets des taux de change et de dépréciation du dollar), Air Liquide sait déjà que son année 2026 devrait être tournée vers un segment porteur : celui de l’électronique.
2 milliards d'opportunités identifiées
Bien que ce secteur ne représente aujourd’hui encore que 10% de ses ventes (et un vivier de 4600 collaborateurs dédiés au sein de 10 pays) c’est un domaine qui croit (son chiffre d'affaires est passé de 1,2 milliard d'euros à 2,5 milliards d'euros en l’espace de dix ans) et où l’entreprise investit aussi massivement.
Au cours de l’année écoulée, Air Liquide a réalisé un milliard d’euros d’investissements liés au marché de l'électronique. Un montant record qui s’explique, selon François Jackow, directeur général d’Air Liquide, par « les nouveaux projets qui émergent un peu partout dans le monde», liés notamment au Chips Act lancé en 2022 aux États-Unis destiné à doper la production nationale de semi-conducteurs, mais aussi en Asie, et notamment en Corée du Sud, à Taïwan ou au Japon.
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