Essoré par la concurrence des géants de la fast fashion, le textile français fait grise mine. Le secteur, qui devrait générer en 2025 plus de 9 milliards d’euros de chiffre d’affaires, n’emploie plus que 60 000 personnes, contre 425 000 dans les années 1990. Placées en redressement judiciaire au printemps, les deux icônes françaises, le Coq Sportif et Petit Bateau, ont retrouvé in extremis un repreneur. Quant au Slip Français, porte-étendard du Made in France, il a dû opérer en 2024 un changement radical dans sa stratégie en se repositionnant sur une marque plus accessible. Industrialisation et automatisation lui ont permis de changer d’échelle et de diviser par deux le prix de ses sous-vêtements.
Si dans les sondages, 9 français sur 10 aimeraient consommer davantage de produits français, Guillaume Guibault (fondateur du Slip Français) rappelait aux micros de Radio France que « les Français ont envie de nous soutenir, ils comprennent l’emploi et le CO₂, mais à la fin, si on est plus cher, on n’y arrivera pas ».
La dernière édition de MIF Expo, le salon du Made in France qui s’est tenu du 6 au 9 novembre à Paris, a pourtant accueilli 110 000 visiteurs. Selon sa fondatrice, Fabienne Delahaye, « les retours enthousiastes des visiteurs et leur soutien indéfectible envers les exposants ont créé une parenthèse, particulièrement bienvenue après une série de défis éprouvants : la pandémie, la flambée des matières premières et l’augmentation des coûts de l’énergie ». Dans la foulée, la Grande exposition du Fabriqué en France, qui s’est déroulée les 15 et 16 novembre dans les salons du palais de l’Elysée, a mis en lumière 123 produits, parmi lesquels, notamment, les chapeaux de l’entreprise Crambes (Tarn-et-Garonne, en Occitanie). Reprise fin 2023, la maison, fondée en 1946, a retrouvé des couleurs grâce à une fabrication locale et un positionnement sur le luxe et l’export.