Méga chantier nucléaire : Orano doit créer des milliers d’emplois à La Hague
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Vue aérienne de l'usine Orano de La Hague dans le Cotentin.
DR
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Vue aérienne de l'usine Orano de La Hague dans le Cotentin.
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S’ils ne l’ont jamais visitée, les jeunes ingénieurs ou techniciens qui se destinent à la filière nucléaire feraient bien d’ouvrir une carte de France pour découvrir où se situe précisément la péninsule du Nord Cotentin. Moins connu pour ses cheminées d’usines que pour ses chemins de randonnée, ce territoire du bout du monde leur proposera bientôt pléthore de débouchés professionnels. Le marché du travail de la Manche va, en effet, connaître un choc d’offre dans les dix ans qui viennent.
Au moins 6 000 nouveaux emplois industriels y sont à créer d’ici 2034, selon une étude menée par le cabinet Helevato à la demande du Conseil régional, de la CCI et des principaux employeurs de la place. Pour ce département où le taux de chômage dépasse à peine les 5%, c’est un défi de taille. « Gagner en attractivité sera l’enjeu clé de ces prochaines années », dit à son propos l’économiste Laurent Davezies, auteur d’une autre étude sur le rebond industriel du bassin de Cherbourg.
Le principal responsable de cet appel d’air sur l’emploi s’appelle Aval du Futur (ou ADF) du nom dont Orano a baptisé le projet d’extension de son usine de La Hague. Bien que la décision finale d’investissement soit attendue en 2029, le groupe a déjà placé son équipe RH en tension. A titre d’exemple, le seul service ingénierie devrait doubler ses effectifs d’ici 2030 (de 2 000 à 4 000 personnes). Quant à la jeune société de projet Orano Aval du Futur, créée en janvier, elle devrait passer de 200 salariés aujourd’hui à dix fois plus dans quatre ans. Et encore ne compte-t-on pas les centaines d’embauches attendues chez les sous-traitants.
Autant dire que les ressources locales seront loin d’y suffire, d’autant qu’EDF et Naval Group, les deux autres gros employeurs du bassin, vont partir en quête de nouveaux talents dans le même pas de temps. Adélie Horaist, directrice des ressources humaines, sait que le chantier qui l’attend est « ambitieux ». « Quand on voit la croissance que connaît le nucléaire, il est évident qu’il va nous falloir activer tous les leviers à notre disposition sachant que nous nous sommes donnés pour ligne rouge de ne pas aller faire d’approche directe ou pro-active des collaborateurs chez d’autres acteurs de la filière ».