Un poste de raccordement électrique ne sera pas livré aussi tôt qu'espéré dans le Lot-et-Garonne. S'il arrive trop tard, les permis de construire accordés aux développeurs pourraient se trouver périmés. Un cas qui illustre les difficultés à orchestrer le grand chantier national de raccordement.Il accueillera à lui seul 1,5 gigawatt de projets, soit 3 % de la puissance photovoltaïque que la France pourrait installer d'ici à 2040. C'est dire combien il est attendu par les grands noms de l'énergie, en l'occurrence GLHD, Neoen, Reden Solar, Total Quadran ou Valeco. Le poste-source des Landes de Gascogne, prévu dans le Lot-et-Garonne, est la pièce maîtresse du développement à grande échelle du photovoltaïque dans ce secteur très convoité pour son vaste foncier agricole et forestier.
Porté par RTE, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité, le poste sera doté d'un niveau de tension de 400 000 volts, le modèle le plus élevé de ce genre d'infrastructures. Une ligne électrique de même tension, d'une longueur de 60 kilomètres, sera également aménagée à travers le massif forestier pour raccorder le poste et les futurs parcs au grand réseau de transport national et européen d'électricité. Coût de l'opération : au moins 190 millions d'euros.
Né en 2021 à l'issue de l'approbation du schéma régional de raccordement des énergies renouvelables (S3REnR), le projet devait initialement accueillir un peu moins d'un gigawatt de parcs photovoltaïques. Mais face aux nombreuses demandes des entreprises, l'addition s'est envolée.
4 ans de plus qu'espéré
« Il y a un très gros gisement à raccorder dans cette région aux confins du Lot-et-Garonne, de la Gironde et des Landes. On est aujourd'hui à 1,5 gigawatt à raccorder dans une zone avec très peu de réseau », justifie Jérôme Rieu, directeur général Sud-Ouest pour RTE. L'installation s'inscrit même dans un triptyque qui prévoit la création de deux autres postes sur le territoire afin de raccorder près de 400 mégawatts supplémentaires. Ce sont ainsi près de 2 milliards d'euros d'actifs qui attendent de s'y brancher.
Le maître d'ouvrage communique aujourd'hui sur une mise en service à l'horizon 2031-2032, « conformément à ce qui a été contractualisé avec les développeurs », insiste Jérôme Rieu.