Deux mois après son placement en redressement judiciaire, le sort de la holding du groupe industriel ACI était examiné ce mardi par le Tribunal des Affaires économiques de Lyon. Alors que les salariés craignaient une liquidation immédiate, avec un possible effet cascade sur ses 40 filiales, le Tribunal a laissé un sursis de quinze jours à Philippe Rivière, son dirigeant. Il doit trouver un million d'euros pour financer la période d'observation.Ce mardi, la liquidation judiciaire était sur toutes les lèvres, dans tous les esprits des 1.500 salariés du groupe ACI, cet ensemble industriel constitué depuis 2019 par Philippe Rivière et Patrice Rives, au fil d’une quarantaine d’opérations de croissance externe dans plusieurs domaines stratégiques (Défense, aéronautique, énergie etc).
Deux mois après le placement en redressement judiciaire de la holding du groupe sur fond de discorde entre les deux associés et de soupçons de malversations financières, son sort était en effet au menu de l’audience du jour du Tribunal des Activités Économiques de Lyon. Pour l’occasion, à l’appel de la CGT, une centaine de salariés du groupe s’étaient déplacés devant le tribunal pour réserver un bruyant comité d’accueil à leur dirigeant.
Deux semaines pour trouver les financements nécessaires
Finalement, après deux heures d’audience durant lesquelles Philippe Rivière a notamment présenté des perspectives positives quant à l’arrivée d’un nouvel investisseur - mais sur lequel il n’a pu apporter d’éléments suffisamment tangibles -, le tribunal s’est prononcé en faveur d’un sursis de deux semaines. Au terme de ce répit, il devra présenter les garanties demandées pour le financement de la période d’observation (environ un million d'euros), explique à La Tribune son avocat, Jean-Marie Chanon.
« Nous étions tous d’accord lors de cette audience, y compris les administrateurs, pour dire que l’enjeu est de sauver l’emploi des 1.500 salariés du groupe. Nous avons une proposition d’un investisseur, mais elle doit encore être affinée et complétée. Philippe Rivière est un battant, il se démène pour trouver une solution afin de financer la période d’observation, puis sortir de cette crise. Une liquidation serait dramatique, le tribunal a convenu qu’on pouvait s’accorder quelques jours pour trouver une solution », précise l’avocat.
S'il y parvient, il pourrait s'atteler ensuite à un plan de retournement.